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Le débat qui n’a pas eu lieu

En prévision des élections de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) le 5 novembre prochain,  la Société Radio-Canada Saskatchewan et l’Eau vive ont uni leurs efforts pour organiser un débat en direct des candidats à la présidence de l’ACF, l’organisme parapluie de la communauté. Mais voilà, Françoise Sigur-Cloutier a été réélue à l’unanimité et s’est retrouvée seule devant la caméra. Pas de débat, donc, mais une entrevue. 

La présidente de l’ACF déclare d’emblée qu’elle voit dans sa réélection « une marque de confiance de la communauté » à son égard. Par contre, devant la difficulté de susciter des candidatures au niveau local, elle reconnaît « qu’il y a un manque de relève dans certaines communautés ».

En réponse à un ancien président de l’ACF, Gilles Groleau, qui suggérait que l’ACF révise sa structure pour susciter plus d’engagement, madame Sigur-Cloutier a répondu que l’ACF offre une structure « pour nous aider à nous organiser pour fonctionner efficacement » mais que « ce n’est pas la structure qui va motiver les gens ». Mais alors, qui ou qu’est-ce qui va les motiver, les mobiliser? 

L’ACF fait-elle suffisamment d’efforts pour rallier la communauté derrière elle? Un des messages clé de la présidente de l’ACF est que « le succès de notre communauté ça va être quand tout le monde aura fait son boulot dans la communauté et que chacun va avoir pris sa place et fait ce qu’il doit faire. » Peut-on imaginer un chantier sans contremaître? Un orchestre sans chef? N’est-ce-pas là le rôle de l’ACF, motiver, concerter les actions et surtout agir comme porte parole?

Par exemple, l’ACF s’est faite plutôt discrète, publiquement, pendant les turbulences qui ont secoué le Conseil des écoles fransaskoises (CÉF). « On n’est pas intervenu parce qu’on n’a pas pensé que c’était notre rôle d’intervenir à ce niveau là. Mais on était prêt à intervenir. » Cela m’a laissé songeur. Si ce n’est pas le rôle de l’ACF d’intervenir, quel est son rôle? Qu’est-il arrivé à l’organisme porte-parole vers lequel la communauté se tournait quand elle voulait se faire entendre ou donner du poids à ses revendications? 

L’ACF se donnera-t-elle les moyens d’aider la communauté à atteindre son idéal de visibilité, d’éducation, de vitalité culturelle et de services en français?  Pour illustrer les efforts de visibilité de la communauté, madame Sigur-Cloutier a donné l’exemple de la campagne Bonjour Saskatchewan de la Coalition pour la promotion de la langue française et de la culture francophone en Saskatchewan (je n’ai d’ailleurs appris l’existence de la Coalition que la semaine dernière... Je devrais sortir plus souvent). 

Une visite sur le site Web Bonjour Saskatchewan m’inspire un fond sonore de vent sur les Prairies ponctué de criquets. Les communiqués datent de 2007 et le calendrier d’évènements n’offre rien de plus récent que 2013. Bref, il y a du travail à faire pour la visibilité. 

En fait, la véritable question est de savoir si la communauté et les organismes fransaskois sont prêts à accorder à l’ACF l’autorité nécessaire pour qu’elle soit en mesure de jouer son rôle de porte-parole. C’est là qu’un débat aurait été intéressant.

Est-ce une question qui devrait être débattue après les élections?
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