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Et maintenant?

Où est le Conseil culturel fransaskois après 40 ans?

« Il ne faut pas faire les choses comme avant, il faut penser à comment les choses vont être dans 20 ans ». Je ne peux que partager l’avis exprimé par Suzanne Campagne, la directrice du Conseil culturel fransaskois (CCF), interrogée sur l’avenir de l’organisme après son Gala anniversaire samedi dernier.

Le portrait culturel fransaskois d’aujourd’hui ne serait pas le même sans la contribution du CCF. Dans le cadre de l’année des Fransaskois, en 2012, l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), en partenariat avec le CCF et le Conseil de la coopération de la Saskatchewan (CCS), avait orchestré une mission culturelle, économique et politique pour faire connaître la communauté fransaskoise et bâtir des ponts avec le Québec. Ce sont surtout les artistes au sein de cette délégation qui ont retenu l’attention des médias et qui ont assuré une visibilité du fait français en Saskatchewan auprès des Québécois.

Si nous sommes en mesure d’afficher notre vitalité culturelle auprès de ceux qui seraient tentés de nous traiter (comme cela s’est fait dans les années 80) de canards boiteux ou de cadavre encore chaud, c’est grâce au CCF qui s’est investi pendant quatre décennies auprès de la communauté. J’invite d’ailleurs nos lecteurs à visionner l’excellente série de capsules vidéo produite par Radio-Canada Saskatchewan qui retrace les grandes lignes des quatre décennies du CCF.

Une de ces capsules souligne le rôle de l’Association des artistes de la Saskatchewan (AAS) pendant près de dix ans. Si l’AAS a vu le jour, en 1990, c’est qu’avec l’ampleur de la dimension communautaire de son mandat, le CCF pouvait difficilement répondre aux besoins des artistes qui aspiraient à une carrière professionnelle.

C’est à peu près à la même époque que la Troupe du Jour est devenue une troupe professionnelle grâce à la vision et au travail acharné de son directeur artistique Denis Rouleau. Bref, la dimension professionnelle de la culture a pris sa place.

Après la dissolution de l’AAS, le CCF a repris en main la responsabilité du développement des artistes. Aujourd’hui, l’organisme se retrouve donc avec un défi de taille : appuyer à la fois l’aspect communautaire et professionnel, sans parler du travail fait auprès du milieu scolaire. Est-il possible de bien faire l’un sans négliger l’autre? Au cours des deux dernières années, les associations communautaires de Saskatoon et Gravelbourg se sont retirées du Réseau de diffusion de spectacles de la Saskatchewan (RDSSK) du CCF. Nous avons maintenant une compagnie de théâtre professionnelle, mais le nombre de troupes de théâtre communautaire actives a diminué. Cela témoigne-t-il d’un soutien insuffisant auprès des groupes communautaires?  N’oublions pas que ce sont ces derniers qui ont donné naissance au CCF.

La situation évolue et la communauté change, tout comme les besoins. Grâce au CCF, le secteur culturel et artistique fransaskois a acquis une maturité que l’on n’aurait pas crue possible il y a 40 ans. Maintenant, il faut continuer à grandir et se pencher sur les structures d’encadrement afin d’assurer un soutien équilibré entre le culturel communautaire et le culturel professionnel. Où voulons-nous être dans 20 ans?

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