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Jean-Philippe Deneault

Portraits de professeurs francophones de l’Université de la Saskatchewan

SASKATOON - Sur près de 1 200 professeurs à l’Université de la Saskatchewan, on compte une vingtaine d’irréductibles francophones. Provenant de différentes régions de la francophonie et enseignant dans des départements divers et variés, trois d’entre eux partagent avec l’Eau vive leur passion pour les sciences et le fait français, bien qu’ils enseignent en anglais.

Michel Gravel

Michel Gravel

Photo : courtoisie
Michel Gravel – L’apport de la langue française au vocabulaire scientifique 

Né à Québec et ayant grandi à Sherbrooke, Michel Gravel a poursuivi des études de doctorat à Edmonton et a effectué un stage postdoctoral à Chicago avant de s’établir à Saskatoon en 2006. Aujourd’hui professeur au département de chimie et spécialiste de la chimie organique, il enseigne à plusieurs étudiants francophones ou francophiles. Les étudiants-chercheurs qu’il supervise viennent de partout au Canada et d’ailleurs dans le monde. « Je ne manque jamais une occasion de souligner en classe l’apport de la langue française au vocabulaire scientifique ! », s’exclame l’universitaire. 

Le chimiste est aussi hautement réclamé comme évaluateur francophone : « Je suis souvent sollicité par les agences subventionnaires du Québec et de la France pour évaluer des demandes de subvention écrites en français. Les chercheurs francophones hors Québec sont très recherchés pour ce type d’activité, car nous ne sommes normalement pas éligibles pour ces subventions, évitant ainsi les conflits d’intérêts », souligne-t-il.

Michel Gravel s’est impliqué pendant quelques années dans la fransaskoisie, particulièrement auprès de la communauté scolaire en tant que membre du conseil de l’École canadienne-française. Avec sa famille, il participe autant que possible aux activités communautaires et ne manque pas de visiter la vallée de la rivière Saskatchewan, l’ovale de patinage de vitesse, les pistes de ski de fond du club de golf Wildwood, le Western Development Museum, ou encore le Sasktel Centre durant une partie du Rush. Ailleurs en Saskatchewan, il affectionne les parcs provinciaux de Cypress Hills et Meadow Lake, ainsi que les parcs de Prince Albert et Table Mountain.

Rachel Engler-Stringer

Rachel Engler-Stringer

Rachel Engler-Stringer – L’accès à une alimentation saine en milieu urbain

Rachel Engler-Stringer a passé la plus grande partie de son enfance à Vancouver et sa mère est une francophone de Ponteix, au sud-ouest de la Saskatchewan. Après avoir obtenu son doctorat en nutrition communautaire, elle devient professeure en 2009 et professeure agrégée en santé communautaire et épidémiologie en 2015. 

Chercheuse à la SPHERU (Saskatchewan Population Health and Evaluation Research Unit), la scientifique enseigne les méthodes de recherche en santé communautaire aux étudiants en maîtrise, ainsi que le système agroalimentaire et la santé communautaire aux étudiants en maîtrise et doctorat. 

Rachel Engler-Stringer parle avec passion de son travail qui l’amène aux quatre coins du pays. « Je travaille avec des chercheurs et des groupes communautaires à travers le Canada sur divers aspects de la sécurité alimentaire, et ce, souvent en milieu francophone. Mon programme de recherche comporte deux axes. D’un côté, je fais plusieurs projets sur la nutrition en milieux scolaires et travaille sur le développement de programmes de dîner universel intégré avec le curriculum.  De l’autre, je travaille sur l’accès à l’alimentation traditionnelle en milieu urbain pour les communautés autochtones. »

La professeure accomplie est aussi mère de deux enfants qui vont à l’École canadienne-française (ÉCF) de Saskatoon, au pavillon Monique-Rousseau pour la plus jeune et au pavillon Gustave-Dubois bientôt pour l’aînée. « Au cours des 2-3 dernières années, j’ai passé beaucoup de temps à communiquer et travailler avec le personnel de l’ÉCF pour trouver un appui à mes enfants atteintes toutes deux de dyslexie-dysorthographie. L’école a fait énormément de progrès à la fois dans sa compréhension des besoins d’environ 15 % des enfants comme les miennes et dans ses interventions auprès d’eux. L’école est maintenant très engagée. J’encourage l’ÉCF autant que possible à continuer ces efforts ! », raconte-t-elle.

Rachel Engler-Stringer dit beaucoup aimer la rivière, « particulièrement les plages au sud de la ville ». Mais son endroit préféré reste son jardin où elle cultive un très grand potager. « Avec ma famille, nous faisons pousser toutes sortes de fruits et légumes. L’agriculture urbaine est ma grande passion ! »

Maud Ferrari

Maud Ferrari

Photo : courtoisie
Maud Ferrari – Comprendre les effets des changements climatiques

Professeure au département des sciences biomédicales du Collège vétérinaire, et membre du département de biologie, Maud Ferrari est née à Lyon, en France, et a fait ses études universitaires à Grenoble. Elle a terminé la dernière année de ses études à Montréal grâce à un programme d’échange avec le Canada et a réalisé son doctorat à l’Université de la Saskatchewan, complété d’un postdoc à l’Université de Californie. 

La biologiste est revenue à Saskatoon pour le poste qu’elle occupe maintenant depuis 2011.  « Mon travail vise à comprendre comment les changements environnementaux, qu’ils soient naturels ou anthropogéniques, affectent l’équilibre délicat entre les proies et leurs prédateurs dans les écosystèmes aquatiques. Une partie de mes études est ciblée sur les effets des changements climatiques, la dégradation des coraux et la pollution des plastiques sur la grande barrière de corail en Australie ». 

Malgré la portée internationale de ses recherches, seul un petit nombre de ses élèves parlent français. « Ils préfèrent communiquer en anglais, leur langue maternelle », précise-t-elle. Comme pour d’autres professeurs, ce sont les chercheurs-étudiants de deuxième et troisième cycle qui sont davantage susceptibles de parler français.

Malgré tout, cela n’empêche pas Maud Ferrari de participer aux évènements de la Fédération des francophones de Saskatoon, que ce soit les festivals de films, le festival d’hiver ou la Saint-Jean-Baptiste. Elle adore aussi la rivière de la Saskatchewan où elle s’y promène avec sa famille et ses amis.

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