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Paul Suchan, un compositeur en quête d’harmonie

En cette période de pause quelque peu forcée, le compositeur fransaskois Paul Suchan évoque son parcours, ses œuvres, ses impressions sur le métier de compositeur en Saskatchewan et ses envies de faire donner de la voix à la musique. Entre créations accessibles et émulation de la scène musicale locale, le mélomane offre son tempo à Saskatoon.

« La vie est comme un instrument de musique ; il faut la tendre et la relâcher, pour la rendre agréable », écrivait le Grec Démophile. La musique, Paul Suchan lui offre ses meilleures partitions. Faire naître les notes et les mettre au diapason est le quotidien du compositeur de Saskatoon, ville qu’il a quittée pour mieux y revenir en 2017 où il anime depuis la scène musicale de la province.

L’inspiration du territoire

À l’âge de 6-7 ans, Paul touche un instrument de musique pour la première fois : l’orgue de l’église. Invité à pianoter quelques accords, l’adolescent se tourne ensuite vers le saxophone, instrument que pratiquait son grand-père. Si celui-ci se retirait en forêt pour jouer loin du monde, Paul comprend, lui, que sa carrière sera musicale.

Il compose à 17 ans la musique d’une pièce de théâtre de son école. Entendre jouer ses partitions pour la première fois était « une sensation incroyable ». « Rien dans la vie n’est similaire », dit-il. Suivront des études de musique à l’Université de la Saskatchewan, puis à Montréal où il restera 10 ans. « Il n’y a aucune autre ville comme ça au Canada en musique. Mais tu es seulement un petit poisson dans l’océan. »

À son retour à Saskatoon, Paul s’inspire du territoire pour composer au piano, son compagnon de travail. Il enseigne également la composition à l’Université de Saskatoon, entre créations et transmission. Son leitmotiv : l’harmonie. « J’aime les gens qui connaissent leur place dans la nature, voient comment elle façonne leurs comportements. C’est cette harmonie avec la nature que je veux traduire en musique. »

Les harmonies musicales sont ce qu’il préfère. Cette nature l’a d’ailleurs inspiré pour son œuvre Scenes of a Prairie Peoples célébrant les 150 ans du Canada ainsi que les 110 ans de l’Université de la Saskatchewan en 2017. Une pièce que Paul a adaptée et offerte aux écoles de la province pour une utilisation libre.

Faire émerger les compositeurs

Paul Suchan dit composer pour les musiciens plus que pour le public. « Après avoir joué plus de trente fois une œuvre, je veux que les musiciens continuent d’y découvrir des choses », déclare-t-il. Inspiré principalement par le classique et le jazz, le mélomane se produit une cinquantaine de fois par an, notamment au club de jazz The Bassment, lieu réputé de la scène musicale à Saskatoon.

Si Montréal lui offrait plus de possibilités artistiques, la ville était saturée en nouveaux projets. Saskatoon, en revanche, lui offre plus d’espace pour développer l’expression musicale locale. Ainsi s’est concrétisé le Strata New Music Festival, organisé en juin depuis 2011 et dédié aux compositeurs et musiciens. « Je voulais donner une place aux compositeurs qu’ils n’avaient pas ici, présente-t-il. Ensuite, je souhaitais améliorer leur niveau par la création et que le public puisse y avoir accès. »

Rien ne remplace une performance en direct. Paul Suchan laisse donc libres les compositeurs de leurs propositions musicales tout en les guidant, en insistant sur l’importance de se concentrer sur une ou deux idées afin de rester audibles et lisibles.

Avec un attachement pour la composition pour de petits groupes, de 2 à 5 musiciens, travaillant toujours sur les harmonies, le compositeur poursuit sa volonté de rendre vivante, durable et créative la scène musicale locale. L’émulation musicale n’est qu’une autre facette de son style.

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