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Consultation de la SRC : La grande Illusion

Suivi à l'assemblée publique de consultation de Radio-Canada à Edmonton

L’Assemblée publique de consultation (APC), organisée à Edmonton par la direction de Radio-Canada (SRC), a laissé un parfum d’insatisfaction parmi le public et les internautes.

 

Une tribune publique

 

Le 29 avril dernier, quelque 450 personnes à travers les quatre provinces de l'Ouest et les trois territoires du Nord, dont 80 étaient présentes à la Cité francophone à Edmonton, ont assisté ou pris part à l'APC sur place ou par clavardage. Cette séance de consultation auprès des communautés francophones en situation minoritaire est exigée de SRC au moins tous les deux ans par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour que la société d’État obtienne sa licence dans chacune des grandes régions.

 

Sur l’heure et demi consacrée à cette rencontre, trente minutes furent utilisées par les membres de la direction pour présenter la situation. « Beaucoup trop long, » déclare Françoise Sigur-Cloutier, présidente de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), « il ne restait plus beaucoup de temps aux 440 participants pour s’exprimer. » Une opinion partagée en ligne par Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA): «  […] Laissez la place aux gens qui veulent s'exprimer. […] Vous les consultez, alors écoutez-les sans réagir et justifier tout. »

 

Mais la question posée : « Radio-Canada aujourd'hui : Dans le nouvel univers médiatique, comment se démarquer en termes de programmation et de services prioritaires pour les citoyens francophones vivant en milieu linguistique minoritaire? » semblait être hors sujet puisque la question du financement surtout était dans les esprits. 

 

Nouvelle stratégie pour une couverture régionale inadéquate?

 

André Poulin-Denis, avocat, estime qu’il est difficile pour Radio-Canada de proposer une programmation diversifiée en raison de l’érosion du budget de la société depuis dix ans.

 

« Vous ne pourrez jamais faire du reportage sans reporter, ni de la correspondance sans correspondant. Ben, vous ne pourrez pas plus faire du local sans être icitte », lance le clavardeur Batiste Foisy, de Yellowknife. Messieurs Poulin-Denis et Inouk Touzin, comédien et metteur en scène calgarien, se rejoignent sur l’idée que la réponse ne réside pas dans l’action ou la réaction des dirigeants de SRC mais dans « la mobilisation des citoyens » et que « c'est aux communautés d'exprimer leur désaccord ».

 

Beaucoup de bruit pour rien

 

L’impression que les décisions avaient déjà été prises se reflétait dans les propos de l’internaute Mise qui écrivait : « J'entends des commentaires pour justifier ce que vous faites et quelques histoires mais pas beaucoup d'écoute ni de réponses aux questions des gens. C’est triste. Les décisions sont déjà faites. » Françoise Sigur-Cloutier espère que lors de la prochaine APC, prévue en Ontario à l’automne prochain, sera une véritable consultation. « Avez-vous prévu des mécanismes de consultation plus rigoureux des communautés de langues officielles et de la population pour l'élaboration de votre prochaine planification quinquennale de 2020 ? », demande en écho l’internaute Mylene Letellier.


Les membres de la direction présents à Edmonton comptaient Pierre Guérin, directeur régional, Ouest du Canada, Patricia Pleszczynska, directrice générale des Services régionaux et d'ICI Radio-Canada Première, Michel Cormier, directeur général de l'Information et RDI et Marie-Claude Dupont, directrice de la programmation régionale. 

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