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Transition énergétique : vers la décentralisation
Frédéric Dupré

Transition énergétique : vers la décentralisation

Les prochaines années resteront dans l’Histoire comme l’époque de la transition énergétique pour notre civilisation. Cette transition, essentielle à notre survie comme espèce, annonce la fin de l’hégémonie pétrolière et l’émergence de nouvelles énergies, et surtout de nouveaux modes de production et de distribution.

Aujourd’hui, une nouvelle branche de l’arbre de l’évolution humaine bourgeonne, annonçant de nouveaux possibles comme cela s’est produit plusieurs fois au cours de l’histoire.

Vers la fin du 19e siècle, la révolution industrielle a complètement transformé nos modes de transport et de production, bouleversant l’économie et la géopolitique internationales.

Les décennies 1920-1930 ont aussi été un point de bascule important avec la chute boursière et la pauvreté qui en a découlé, et qui ont propulsé le mouvement ouvrier et syndical, insufflant la montée des idéologies politiques vouées au « bien-être » collectif.

Ces idées visant le « bien commun » sont devenues des mouvements politiques, souvent totalitaires, qui, paradoxalement, ont mené aux guerres mondiales.

La fin de la Deuxième Guerre mondiale a mis en lumière notre capacité d’autodestruction par la découverte de l’arme nucléaire. Cette prise de conscience a stimulé l’émergence d’une volonté de fraternité et de solidarité internationales comme jamais auparavant. La création des Nations Unies et celle de la Déclaration des droits de l'homme en sont certainement les exemples les plus remarquables.

La révolution informatique des années 1980-1990 a changé radicalement bien des aspects des moteurs économiques. L’Internet et l’ordinateur personnel ont donné naissance à la société de l’information et l’industrie du « big data » est toujours florissante. Cette évolution technologique poursuit d’ailleurs son infiltration dans nos vies, dans nos organisations et nos gouvernements.

La dernière décennie a résolument été un moment d’éveil face à la crise environnementale et climatique (bien qu’annoncée dès les années 1970). Aujourd’hui, personne ne peut nier l’urgence et les effets catastrophiques de cette crise mondiale, issue de notre surconsommation d’énergie fossile et d’une économie basée sur la croissance infinie.

Encore une fois, notre capacité d’autodestruction se révèle à nous de manière brutale, provoquant une prise de conscience de notre responsabilité collective envers notre biosphère.

La révolution qui est en cours est énergétique. Nous allons sortir de la domination des énergies fossiles. Aucun ordinateur n’est propulsé par le pétrole, aucun cellulaire ou drone ne fonctionne à l’essence. Plusieurs secteurs de notre société fonctionnent déjà dans un univers post-pétrolier et cette tendance va se poursuivre.

Toutefois, la réelle révolution qui va s’imposer ne sera pas tant la sortie du pétrole, mais la démocratisation de la production et de la distribution de l’énergie nécessaire pour nous déplacer, nous chauffer, nous refroidir et alimenter notre économie.

 

Cette transition vers les énergies renouvelables devra être pensée en termes de connectivité des réseaux électriques et de multiplication des lieux et des formes de production d’énergie.

 

La création de nombreuses sources d’énergie mises en réseau permettra d’augmenter l’indépendance énergétique des individus et des nations, tout en accroissant rapidement la capacité énergétique générale.

 

Bien que notre époque soit marquée par la destruction de structures sur lesquelles notre société a été bâtie, dont l’économie pétrolière, notre époque porte aussi l’espoir d’une fraternité renouvelée par la prise de conscience de notre profonde interdépendance sur le plan énergétique, menant à une nouvelle manière de produire et distribuer l’énergie du futur.

 

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