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Michel Vézina
/ Catégories: Chroniques, En quelques mots, 2016

Serons-nous là dans 50 ans?

Mercredi soir le 17 mars 2016, j’ai eu l’occasion de regarder l’émission « Le français: d’un combat à l’autre ». On y trouvait des personnes d’un peu partout au Canada en studio à Moncton, des invités via les ondes à Calgary et Winnipeg ainsi que des vignettes de témoignages et la possibilité de faire des commentaires via les réseaux sociaux. 

Les interventions étaient très intéressantes et je dois dire que je connaissais, à quelques exceptions près, tous les intervenants. Je peux quand même déplorer que la Saskatchewan était absente tout comme Terre-Neuve et Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nunavut, les Territoires-du-Nord-Ouest et le Yukon. Par contre, l’ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin était de la partie pour le côté Québec. 

J’espère que plusieurs Québécois étaient à l’écoute d’ICI RDI. Est-ce que j’ai appris quelque chose de nouveau comme francophone canadien? Pas vraiment, car étant impliqué depuis belle lurette, la plupart des dossiers ou des histoires qui ont été soulevés ou racontées m’étaient connus: l’immigration francophone au Canada, l’accès aux soins de santé en français dans nos communautés, l’université francophone en Ontario, l’assimilation, les petits nombres, la nomination de juges bilingues à la Cour suprême du Canada, les écoles francophones en Colombie-Britannique, les autobus scolaires « bilingues » au Nouveau-Brunswick, le théâtre francophone à Toronto, les réactions francophobes au Nouveau-Brunswick, etc…

La cerise sur le sundae fut la synthèse des interventions par trois commissaires aux langues officielles: Graham Fraser, au fédéral; François Boileau, en Ontario et Katherine d’Entrepont au Nouveau-Brunswick. Sous-entendant leurs interventions, la question qui tue: y aura-t-il encore des francophones au Canada dans 50 ans? À l’image des intervenants de la soirée, nos trois mousquetaires se sont dits optimistes pour l’avenir de la francophonie au Canada: elle passera par l’éducation, le préscolaire, l’immigration, une vigilance sans relâche sur les droits acquis, des causes devant les tribunaux et une action politique pour convaincre les décideurs politiques. 

Et la Saskatchewan dans tout cela?

Je n’ai pas de boule de cristal permettant de prédire l’avenir. Et j’ai consulté mon horoscope mais là non plus, ça ne parlait pas de francophonie. 

On peut probablement dire qu’il y aura un accroissement assez important de la population en général de la province et donc, par extension, il y aura un accroissement de la population francophone (francophone de naissance et francophiles).

Cet accroissement reposera probablement sur le développement complet d’un système d’éducation du préscolaire au postsecondaire, la reconnaissance statutaire du bilinguisme français / anglais par le gouvernement, l’offre accrue de services en français partout dans la province, un réseau communautaire francophone fort et bien financé, un apport très marqué de l’immigration francophone, l’apparition de nouvelles communautés et malheureusement la disparition d’autres, une urbanisation majeure de la francophonie en Saskatchewan, de plus grandes opportunités d’expression en français au niveau culturel et via de nouveaux modes de communication dans les technologies de ce futur. 

Remarquez bien que je peux être complètement dans le champ de patates, comme aurait dit mon grand-père.  Mais il faut bien rêver et je crois que les Fransaskoises et les Fransaskois seront là dans cinquante ans. Mais le visage de la francophonie ne sera pas nécessairement celui que nous connaissons actuellement.


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