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Les Fransaskois au milieu du guet

Bilan mi-parcours du Plan de développement global au Rendez-vous fransaskois

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Photo : Daniel Paquet – photo.paquet.ca / ACF (2015)
Plus d’une centaine de personnes ont participé au Rendez-vous fransaskois, du 6 au 8 novembre, à Regina. Principal dossier sur la table : l’examen, à mi-parcours, du Plan de développement global (PDG) 2010-2020, la feuille de route communautaire chargée de suivre quatre impacts : l’évolution du nombre de parlants français, du statut du fait français, du sens d’appartenance à la communauté et de la capacité des organismes.

 

« On sent que les choses vont mieux, que l’on progresse, mais qu’il reste un gros travail. » Le résumé que fait Francis Potié, directeur général de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), du Plan de développement global se veut optimiste. Il est vrai que cinq ans après son lancement, le Plan de développement global, sorte de feuille de route communautaire, liste une série de tendances plutôt positives : hausses du nombre de personnes ayant le français comme langue maternelle (+1,7%), des immigrants d’expression française (7,8% des francophones), augmentation des inscriptions dans les établissements scolaires (+21,8% au CEF, +7,7% au Collège Mathieu), progrès dans la fréquentation des spectacles culturels (+300%), etc. « La pente descendante de la francophonie en Saskatchewan a été stoppée mais la communauté reste très fragile », indique Francis Potié. 

 

En effet certains chiffres ne trompent pas. Le taux de roulement des employés est très élevé au sein des organismes. Le fait est connu. Beaucoup de membres des organismes se brûlent. Des organismes fonctionnent souvent avec un sous-financement chronique. Par ailleurs les Fransaskois réclament encore peu de services en français à travers la province. La demande de services a d’ailleurs baissé de 20% dans les Centres de services aux citoyens Bonjour ! La direction de l’éducation française a disparu. Votre journal L’Eau vive a perdu 30% de ses abonnés. Bref, tout n’est pas rose loin de là. 

 

« Certains objectifs ne seront sans doute pas atteints en 2020. Les défis restent importants sur la capacité d’action de la communauté, l’efficacité, le financement, la relève. L’immigration, l’intégration des nouveaux arrivants, c’est une partie loin d’être gagnée. Mais le PDG n’est pas là pour régler les problèmes, il doit servir de carte routière pour se rappeler où nous en sommes », explique Francis Potié.

 

Il n’en reste pas moins que cinq ans après son lancement, certains questionnent encore les contours du PDG. « Le Plan avait été conçu en 2010 dans un contexte différent. Beaucoup de choses ont changé, sur le plan politique, financier, culturel, etc. Il faut faire attention à ne pas s’éloigner des orientations de nos bailleurs de fonds, de la province. Si nous continuons, nous risquons de nous déconnecter de nos partenaires financiers notamment », estime Francis Kasongo, directeur général du Collège Mathieu. « Nous sommes en progrès, mais les faibles financements accordés par les conservateurs ont ralenti nos capacités d’évolution. Avec le nouveau pouvoir, nous verrons s’il y a du changement. J’ai notamment beaucoup d’inquiétude vis-à-vis des seniors vivant en milieu rural. L’exode continue. Cette évaluation du PDG est très importante », indique de son côté Roger Gauthier, le directeur du Réseau Santé en français de la Saskatchewan. 

 

D’autres estiment que les organisations suivent un peu plus le PDG. « Les organismes doivent le prendre en compte dans leur plan stratégique. Chacun développe son plan selon ses propres contraintes alors qu’on devrait davantage considérer les besoins de la communauté dans son ensemble. Toutefois selon moi ce PDG est trop large et il n’a pas assez évolué. Des nouveaux défis sont apparus. Le cas des aînés n’était pas discuté en 2010. Le PDG manque de précision et il lui manque un organe de suivi », confie un participant.

 

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