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Sébastien Németh
/ Catégories: Éditorial, 2015

Les Fransaskois à mi-chemin de quoi ?

Le Plan de développement global, cinq ans après. Les chiffres n’ont pas de quoi déprimer finalement. Même si une partie de la communauté a poussé un ouf de soulagement au sortir de la décennie Harper, les statistiques dévoilées par le PDG ce week-end peuvent rendre optimiste.

Certes, tous les voyants ne sont pas au vert. Les abonnements de l’Eau vive par exemple ont chuté de 30% en 5 ans et le soutien de la communauté sera déterminant pour redresser la barre. Sinon, les taux de fréquentation, le nombre d’événements ou encore l’évolution démographico-linguistique sont sur une pente ascendante. Tout le monde s’accorde à dire que les droits des Fransaskois, la reconnaissance de la communauté sont en progrès par rapport à 2010.

Pourtant, une certaine détresse chronique demeure. Organiser un événement reste une lutte de chaque instant face à un manque de ressources criant. Les finances sont extrêmement réduites, des employés se brûlent et les bénévoles sont de moins en moins nombreux. Alors à mi-chemin du PDG et de son horizon 2020, les Fransaskois ont arrêté leur chute, mais où vont-ils et sur quoi peuvent-il compter? Le Plan de développement global n’est pas un livre de recettes pour trouver la solution miracle au malaise minoritaire. Il ne faut pas croire qu’il est plus que ce qu’il n’y parait : un guide, une balise, une feuille de route.

Il ne faut pas non plus attendre de miracle d’Ottawa. Justin Trudeau a beau être francophone, il n’en reste pas moins un animal politique. Ce ne sont pas les minorités qui l’ont élu. C’est la majorité. Et comme tout animal politique, une fois qu’il aura goûté au pouvoir, il voudra y rester. Pour cela, il flattera ceux qui peuvent lui donner ce pouvoir. Les Fransaskois placent beaucoup d’espoir sur les épaules de l’ancien professeur de français, mais il ne faut pas attendre qu’il les sorte de l’ornière simplement par bonté de cœur. D’ailleurs à peine en poste et déjà nous avons eu droit à un petit couac minoritaire sur le portefeuille des Langues officielles. Le flou une fois dissipé, les francophones ont vu que c’était finalement une ministre junior, 36 ans, qui héritait du dossier Patrimoine canadien. Mélanie Joly, taxée déjà par beaucoup d’arrivisme.

Autant dire qu’après dix ans de sentiment anti- francophone, la communauté attendra la jeune ministre au tournant. Et pour continuer sur cette image, on peut voir le PDG comme une carte routière, Justin Trudeau et Mélanie Joly sont deux policiers au bord de la route. Ils pourront mettre des bâtons dans les roues ou ouvrir la voie. En tout cas au final, c’est la communauté qui reste seule au volant de son destin. 

 

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