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Jean-Pierre Dubé (Francopresse)
/ Catégories: Éducation, Petite enfance, 2014

Capacité d’apprentissage: Six lieux, 3 groupes et un couffin

Louise Legault

Louise Legault

Directrice de recherche à la Société de recherche sociale appliquée (SRSA)
Photo: Couvrette Ottawa (2014)

Des chercheurs ont suivi pendant quatre ans des jeunes enfants en milieu minoritaire pour mesurer l’impact d’un programme enrichi créé en Saskatchewan. Le résultat est « significatif » et pertinent.à

« Globalement,

peut-on lire dans la conclusion de l’étude, l’examen de la trajectoire développementale suggère une accélération dans le développement des compétences langagières des enfants du groupe programme durant la première phase du projet comparativement aux enfants des groupes témoins. »

L’ultime rapport du projet Capacité d’apprentissage dans les communautés francophones en situation minoritaire, mené par la Société de recherche sociale appliquée (SRSA) pour Emploi et développement social Canada (EDSC), a été publié en septembre. Son financement initial remonte au Plan d’action pour les langues officielles 2003-2008. 

Le projet a été lancé en 2005 dans le sillon d’une entente fédérale-provinciale qui prévoyait un investissement de cinq milliards dans un programme national de garderies. Le premier ministre Stephen Harper a rejeté l’entente par la suite. Mais le chef de l’Opposition officielle, Thomas Mulcair, a promis le 14 octobre que, s’il devenait premier ministre, son parti créerait un million de places en garderie.

Quelque 356 enfants et leurs parents ont participé au projet dans six localités : Saint-Jean et Edmunston (NB), Edmonton (AB), Orléans, Cornwall et Durham (ON). Ils ont été répartis localement en trois : le groupe d’inscrits dans une garderie offrant le programme enrichi et deux groupes témoins : l’un dans un service n’offrant pas le programme et l’autre dans une garderie familiale. 

Voici le message essentiel, selon la directrice de recherche de la SRSA, Louise Legault : « L’environnement en français en milieu minoritaire est très important pour le préscolaire, mais aussi par la suite pour la scolarisation. Les enfants de maisons francophones font mieux en garderie au niveau des habilités plus complexes : compétences langagières, lecture et fonctions exécutives.

« Ces résultats suggèrent que les enfants vivant surtout en français sont mieux outillés pour profiter pleinement des activités présentées dans le programme testé, explique-t-elle, et continuent de se développer de façon accélérée au courant des premières années scolaires. » 

Le programme ayant inspiré l’étude a été lancé en 2001 et mis en pratique par des pédagogues fransaskois. Il comprend un volet d’alpha familial ciblant les parents. « Cette composante est très importante, souligne Louise Legault, les parents sont les premiers éducateurs. On a vu pendant le programme des mamans commencer à utiliser les deux langues au lieu de juste l’anglais. »

Selon la SRSA, l’impact de programme est évident sur « la vitalité des communautés francophones. Ensemble, les constats soulèvent l’importance de fournir un environnement francophone de qualité pour favoriser une bonne maîtrise du français, pour ultimement améliorer les chances de réussite scolaire et le développement de l’identité culturelle francophone. » 

ESDC a mandaté la SRSA de diffuser la recherche et les rapports volumineux seront repris sous forme de résumés. Louise Legault a récemment présenté ses trouvailles à l’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario.

Réaction de la directrice générale, Martine St-Onge : « L’étude très opportune. On est dans le changement en Ontario et on a besoin de science pour s’orienter. On a beaucoup d’outils, avec le Cadre d’apprentissage en petite enfance. Cette recherche vient renforcer l’idée que le parent est important. » L’Association entend promouvoir l’étude auprès de ses 1 900 intervenantes œuvrant dans 175 services.

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