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Aurore boréale, parce que tu le vaux bien
Arthur Béague

Aurore boréale, parce que tu le vaux bien

Nous lui devons la vie, nos saisons, le beau surnom de Louis XIV et même les aurores polaires. Merci ô grande étoile. Laisse-nous graviter encore un peu près de toi pour profiter de ta superbe. Soleil, ce n’est pas pour le tube de Lara Fabian et ces quelques brûlures chaque été que nous ne cesserons de t’aimer.

Tu es une force de la nature, il se passe chez toi plus d’évènements violents que dans n’importe quel match de NFL. Une boule de gaz d’hydrogène tellement dense et chaude que tu ferais fondre n’importe qui. À ton cœur, sous 15 millions de degrés, tu es capable de rapprocher et faire fusionner quatre noyaux d’hydrogène en un d’hélium plus léger.

Forcément, se câliner sous 15 millions de degrés, cela fait perdre du poids. Cette masse est ainsi transformée en énergie selon la célèbre formule d’Einstein et va voyager du cœur du soleil à sa surface pour rayonner sous forme de lumière. Nous n’avions pas vraiment besoin de ça pour être éblouis !

Lors d’éruptions solaires, des quantités colossales d’énergie sont libérées à la surface du soleil. L’expulsion de particules chargées d’électricité balaye tout sur son passage. L’ennui, c’est que nous sommes sur ce passage.

Heureusement, notre bonne vieille Terre a son bouclier : un champ magnétique. Un aimant avec un pôle nord et un pôle sud. Sous l’impact de la puissance du vent solaire, celui-ci va comprimer le champ magnétique coté jour et étirer le champ magnétique coté nuit. Les particules chargées sont déviées à plus de 60 000 kms de la Terre. Malheureusement, tout le monde n’a pas cette chance. Hélas, aucune tonne de vaseline ne pourra soulager cette pauvre Mars qui a perdu son bouclier protecteur et a littéralement cramé.

Enfin, la Terre possède un bouclier presque impénétrable, car lors de flux particulièrement intenses des particules arrivent à se frayer un chemin à travers les cornets polaire situés à l’extrémité des pôles. Excitées par cette intrusion, les molécules présentes dans notre atmosphère vont réagir avec les rayons x émis par les particules donnant lieu à ces phénomènes d’aurores.

Ce sont plus particulièrement les électrons contenus dans chaque atome qui vont passer à un état excité. Les différents atomes vont émettre des photons lumineux pour revenir à leur état initial. Vert/jaune pour l’oxygène, rose/bleu pour l’azote selon l’altitude. Vous l’aurez compris, ce sont les couleurs que l’on observe dans le ciel.

De nombreuses applications existent aujourd’hui pour prédire nos chances d’observer ces phénomènes. Bien souvent, l’indice KP (pour planetarische Kennziffer) est utilisé. Il traduit l’activité solaire sur notre champ magnétique sur une échelle de 0 à 9. A partir de KP5, l’activité aurorale est considérée importante et visible sous 56° de latitude, à La Ronge par exemple. Plus l’activité solaire est forte, plus l’indice KP est élevé et plus les aurores peuvent être observées à basse altitude. Les habitants de Regina pourront ainsi profiter de ce magnifique spectacle sous KP7 à condition de s’éloigner un peu de la pollution lumineuse des grandes villes.  

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, il n’y a pas véritablement de saisons à aurores, même si l’hiver reste plus propice du fait qu’il fasse nuit plus tôt et plus longtemps. La condition sine qua non est l’activité solaire et le terme d’années à aurores est plus juste.

Selon la NOAA et d’autres organisations (SSRC, IISER), le prochain cycle solaire (le 25ème) atteindrait son pic d’activité entre 2023-2025. Ce qui nous laisse à tous quelques belles soirées d’entraînement avant le grand bal !


Sources :

https://www.spaceweatherlive.com/fr/aide/lindice-kp
 http://planeterrella.osug.fr/IMG/pdf/polaris_magazine.pdf
Emission TV « C’est pas sorcier – Le soleil » (2009)

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