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Jean-Pierre Picard
/ Catégories: Éditorial

Assemblée de l'ACF: Un spectacle déplorable

Démocratie communautaire
Depuis mes premiers pas dans la fransaskoisie, en 1986, j’ai été témoin de nombreux débats et de tensions au sein de la communauté. Mais j’ai toujours senti une solidarité et, pour reprendre les mots de la présidente de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Françoise Sigur-Cloutier, une « unité dans la diversité ». 

Cependant, jamais je n’ai vu une démocratie communautaire autant bafouée qu’à l’assemblée des membres de l’ACF le 24 juin dernier. Des participants manifestaient carrément de l’hostilité et ont torpillé le processus de la rencontre au point où il a fallu une heure pour simplement élire un président d’assemblée. Vous en avez vu beaucoup des rencontres où près de 20% des participants votent contre l’adoption de l’ordre du jour? 

Il faut reconnaître que certaines décisions et propositions de l’ACF peuvent susciter des questions et méritent d’être débattues. Et il y a des personnes qui avaient des préoccupations et des inquiétudes légitimes à partager. Mais cela peut se faire à l’intérieur de notre cadre démocratique. Pas besoin de recourir aux menaces ou aux déclarations incendiaires. Nous ne sommes pas dans une communauté où les différences d’opinion doivent se jouer uniquement sur des rapports de force, où il faut s’attaquer ou chercher à les éliminer les gens qui ne pensent pas comme nous. Et ça, il y a des personnes qui ne semblent pas le comprendre. 

La rencontre du 24 juin aurait pu donner lieu à des débats et des échanges constructifs, mais nous avons eu plutôt droit à de l’obstruction systématique.  

La culture fransaskoise est fragile et ses bâtisseurs ont toujours reconnu l’importance du dialogue et des échanges francs et directs et surtout de chercher à bâtir des ponts quand une brèche s’ouvrait. La démocratie c’est laborieux, ça demande de la patience, du dialogue et de l’ouverture. Pas des coups d’état. Les tactiques d’intimidation n’ont pas leur place au sein de la communauté. Et intimidation il y a. Quelques personnes m’ont fait part des menaces écrites ou verbales dont elles ont été victimes par des personnes qui prétendent œuvrer au développement de la communauté.

Même si la communauté fransaskoise est un modèle d’ouverture et d’inclusion, il s’en trouve pour affirmer que l’ACF pratique un « apartheid communautaire ». Mais j’invite ceux qui viennent d’ailleurs, qu’ils soient du Québec, de France ou d’Afrique, à respecter la CULTURE fransaskoise. La fransaskoisie n’est pas qu’une affaire de langue. C’est un vécu, c’est une façon de vivre et de faire qui s’est construite pendant des générations. C’est le résultat de luttes, d’espoir et de détermination qui ont permis d’obtenir les acquis dont nous jouissons aujourd'hui. 

Prenez le temps de découvrir l’histoire des Fransaskois. Quand vous saurez ce qu’ont accompli les Roland Pinsonneault, Albert Dubé, André Mercure, Gustave Dubois, Dumont Lepage, Maurice Baudoux, Jeanne Beauregard, Onésime Dorval et tant d’autres, quand vous comprendrez pourquoi l’histoire a retenu leurs noms, quand vous comprendrez pourquoi on parle encore français dans cette province, peut-être comprendrez-vous mieux comment vous pouvez contribuer au développement et à l'évolution de cette culture plus que centenaire. 

D’ici là, mettez vos ambitions personnelles au vestiaire!



 

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