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Arthur Béague

Action de graisse

Surconsommation : l’Action de grâce en chiffres…

Table
Photo : Hannah Busing / Unsplash
Le lundi 14 octobre, nous fêtons l’Action de grâce ! Petit rappel à ceux qui ont le sommeil lourd en cours d’histoire.

Pourquoi dire merci ? Il est primordial de dire merci quand on vous offre un jour chômé et si cela ne tenait qu’à moi, des Thanksgiving il y en aurait une décalogie. L’Action de grâce trouve ses origines dans les fêtes de la moisson célébrées dans les sociétés paysannes européennes. Agenouillé sur l’île de Baffin en 1578, la tête tournée vers le ciel pour remercier Dieu d’être toujours en vie après un périple usant, Martin Frobisher ne se doutait pas qu’il serait à l’origine de la première Action de grâce. Depuis 1879, le parlement du Canada a fait de cette date une journée fériée et cela fait maintenant 62 ans que nous la célébrons le 2e lundi d’octobre.

À cette occasion, bien souvent dinde farcie et purée de patate douce viennent combler de bonheur nos papilles en reste par rapport à notre esprit déjà gâté d’être tous réunis autour d’une même table.

C’est en revenant, gonflé comme les pneus de ma dodge, de chez mes amis l’année dernière que je me suis mis à penser à toute cette nourriture. Le lait de poule aromatisé au rhum aidant, il en va sans dire !  Je me revoyais deux heures auparavant acquiescer pour la troisième fois à cette question : «  Tu reprendras bien encore un peu de dinde, Arthur ? » C’est arrivé au moment des au revoir et en m’y reprenant à plusieurs fois pour m’extraire du canapé que mon esprit s’est éveillé, le corps étant déjà entré en gestation.

Les chiffres me sont arrivés droit dans l’estomac : 2,2 millions de dindons entiers ont été vendus pour cette seule soirée. OMG ! On a buté deux fois la Saskatchewan en dindons !

J’ai répondu à la petite voix qui essayait de me rassurer en me disant « C’est exceptionnel, c’était juste une soirée. » Heureusement, ma grande, car sinon ce sont les États-Unis et l’Union européenne que l'on engloutirait chaque année ! Avec Noël, 74 % des dindons sont consommés juste pendant ces deux jours au Canada.

Dinde
Photo : Alison Marras / Unsplash
Cette petite voix fut définitivement muette en apprenant que pour produire 1 kg de volaille, 4 000 litres d’eau sont nécessaires et 8,9 kg de CO2 partent dans l’atmosphère. La seule lueur d’espoir dans ce sombre tableau étant que si les colons avaient décidé de manger du bœuf pour remercier les Premières Nations Wampanoag, on multiplierait ces chiffres par quatre, augmentant un peu plus les 14,5 % des gaz à effet de serre d’origine anthropique provenant des filières d’élevage.

Au-delà, c’est surtout le gaspillage qui se produit pendant ces fêtes qui est considérable. Grand partisan du mouvement contre le gaspillage, l’environnementaliste canadien David Suzuki dénonce ce surplus de nourriture. Les chiffres donnent la nausée : 78 millions de kg de dindes sont ainsi jetés à la poubelle chaque année aux États-Unis sur les 333 millions consommés.

En faisant attention à consommer local et biologique, nous pouvons tous être acteurs du combat visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le summum du courage serait de se tourner vers le végétarisme. Les pratiquants auraient le sentiment d’être dans la peau de Kennedy, premier président à gracier des dindes.

N’oubliez pas à la fin de la soirée de partager les restes entre les convives pour que nous contribuions à ce que cette fête reste une belle tradition où le plaisir d’être ensemble (et en vie) prime avant tout. Les dindons vous diront merci !

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