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Monsieur le Commissaire, donnez un coup de fil à vos avocats avant qu’il ne soit trop tard

Auteur: Jean-Pierre Picard/6 novembre 2014/Catégories: Communication, Éditorial, SRC - Saskatchewan, Politique, 2014

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

Photo: CLO (2014)
Depuis des mois on s’émeut devant la boucherie que subit la SRC/CBC. On se scandalise devant la réduction des effectifs et des moyens consacrés à la production. Les pétitions et groupes de discussion en ligne se multiplient mais l’ouvrage de démolition se poursuit, imperturbable.

On se console en se disant qu’il sera toujours possible de rebâtir un diffuseur public dynamique sur les décombres qu’aura laissé derrière lui le gouvernement Harper. Mais voilà maintenant que le PDG de la SRC/CBC, Hubert T. Lacroix, qui a hérité du mandat de « redéfinir » Radio-Canada/CBC, a décidé de démolir ce qui ne peut être rebâti.

Le réputé costumier de la SRC va tomber sous le couperet. Sur le site de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) on présente cette ressource comme suit : « Le Costumier de Radio-Canada vous offre en location les éléments d’une collection qui compte plus de 100 000 costumes, perruques et accessoires vestimentaires de toutes les époques, de l’Antiquité au temps futur. »

Il a fallu des décennies pour bâtir cette collection qui va faire l’objet d’une belle vente de garage. Mais de voir les gardiens du costume de Bobino perdre leur emploi a suscité une nouvelle vague d’indignation. À quoi bon s’indigner et remplir des pétitions?

Que peut-on faire? La machine conservatrice n’a que faire de la valeur culturelle, historique et symbolique de ce costumier et son démantèlement vient illustrer l’ampleur du massacre qui attend le diffuseur public dans les années qui viennent.

Monsieur Lacroix tente de nous rassurer en parlant du virage vers le futur. Vous remarquerez que tous ses discours ne parlent que de moyens de diffusion, de plateformes Web, de numérique etc. Rien sur le contenu. Bref on va s’assurer qu’un maximum de personnes ait accès à un minimum de qualité

Un reportage publié dans l’Eau vive plus tôt cette année faisait état que Graham Fraser, le Commissaire aux langues officielles, considérait la possibilité de poursuivre le gouvernement fédéral s’il ne fournit pas au diffuseur les moyens de remplir ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Nous en sommes sans doute rendus là. Le service aux communautés de langues officielles, ce n’est pas uniquement la présence de journalistes sur place (pour un bulletin de nouvelles de plus en plus amputé de temps d’antenne), c’est également l’accès à une programmation culturelle de qualité.

Monsieur Fraser, je vous en conjure, donnez un coup de fil à vos avocats avant qu’il ne soit trop tard. 

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