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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Enseignement portatif

Auteur: Sébastien Németh/24 septembre 2015/Catégories: Éditorial, Éducation, Écoles fransaskoises, 2015

À l’école Boréale de Ponteix, on n’aura plus besoin d’étudier ou de travailler dans la cuisine. Une nouvelle classe portative vient d’arriver. Cadeau du CEF et du gouvernement. Un équipement similaire est attendu à North Battleford. De quoi se réjouir donc. 

Alors que certains craignent la disparition, à terme, de l’enseignement francophone en Saskatchewan, l’encombrement, l’étroitesse, l’inconfort des  locaux de Ponteix sont quelque part la preuve d’une bonne nouvelle : le nombre d’élèves francophones augmente. Les Anglophones et l’immersion, ont plus d’argent, de matériel, de ressources humaines? Le nombre d’élèves francophones augmente quand même. Mais la précarité côté minoritaire ralentit cette progression. Alors faut-il se réjouir ou pas?

Avec ce type d’avancée, la mort annoncée de l’enseignement en français ressemble à un  épouvantail brandi pour mettre la pression sur les bâilleurs de fonds. La minorité a peur. Mais il ne vaut mieux pas trop se faire d’illusions. Les moyens ne couvriront jamais tous les besoins. Quand le gouvernement de la province regarde le fond de ses coffres, il se dit que plus de dépenses pour les minorités ne lui rapporteront pas plus de votes, mais trouera un peu plus son bas de laine.  En temps de vaches maigres économiques, l’argument a de quoi porter. Les Fransaskois sont donc, comme toujours, contraints à faire bloc, à trouver l’union sacrée pour défendre leur petit bout de gras.

Le 26 août dernier, cette union sacrée était plutôt absente de l’Assemblée extraordinaire des électeurs du Conseil scolaire fransaskois (CSF). Des parents sont repartis mécontents, les dirigeants scolaires étaient frustrés. Bref, un exercice coûteux qui n’a rien donné.

Au delà du mécontentement des uns et des frustrations des autres, au-delà des incertitudes financières, si on revenait à l’essentiel? « Il faut être fier de nos écoles. Les résultats de nos élèves sont supérieurs à la moyenne provinciale » a déclaré le président du CSF André Denis.  Qui aurait osé prédire il y a 30 ans que les jeunes Fransaskois pourraient un jour faire leurs études en français de la maternelle au post-secondaire?  Qu’en 2015 l’enseignement supérieur en français serait à portée de main?

Tout n’est pas rose, mais tout n’est certainement pas noir. Comme l’a déclaré la nouvelle représentante jeunesse à la Table des élu.e.s, Marie-Ève Émard : « Je suis un résultat du système d’enseignement fransaskois. Je suis une finissante du CÉF et je fais mon stage en enseignement ».

Parfois au lieu de se « chicaner », mieux vaut se réjouir de ce qu’on a.

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