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 - Tuesday 20 November 2018

Laurence Stenvot (Le Métropolitain)
/ Categories: Éducation, Postsecondaire

L’université franco-ontarienne ira de l’avant

Une jeunesse que le gouvernement ontarien ne semble plus pouvoir ignorer.

Une jeunesse que le gouvernement ontarien ne semble plus pouvoir ignorer.


Photo: Le Métropolitain (2016)
En cette matinée du 18 février dernier, les parterres de la législature ontarienne (Queen’s Park) étaient francophones ! Plus de 200 personnes, principalement de jeunes étudiants, s’y étaient regroupées pour cette journée de manifestation pour la création d’une université de langue française en Ontario. 

« Quelle autre société de 600 000 personnes dans une province aussi riche que l’Ontario est privée d’une institution universitaire qui lui est propre ? », demande Rym Ben Berrah, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), organisateur de l’évènement en association avec la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Il y a quasiment un an, une première demande officielle est déposée pour la création d’une université francophone, gérée par et pour les francophones d’ici 2018. Cette demande est le fruit de décennies de revendications d’une communauté qui, ayant la gouvernance sur l’éducation élémentaire, secondaire et collégiale, souhaite logiquement gérer son programme universitaire.

C’est la députée provinciale France Gélinas, porte-parole de l’opposition néo-démocrate en matière de francophonie, qui avait déposé le projet de loi 104 en novembre 2015, adopté à l’unanimité par les trois partis. Pourtant, aucune action n’a été mise en place depuis par la première ministre Kathleen Wynne.

« Avec la manifestation, on dénonce l’inaction du gouvernement. Ça fait assez longtemps, il faut faire quelque chose, explique le président de la FESFO, Jérémie Spadafora. À chaque mois qu’on est en train d’attendre, c’est des jeunes qu’on empêche d’étudier dans leur langue ! »

L’un des enjeux principaux est évidemment la lutte contre l’assimilation, un facteur inévitable quand seulement 22 % des programmes universitaires de premier cycle sont donnés en français dans la province et 3 à 7 % dans la région du Sud-Ouest.

« Je suis à l’université Laurentienne. Certains cours sont annulés parce qu’il n’y a pas assez d’étudiants ou pas assez de profs. Et pour continuer ma maîtrise, je n’ai pas un programme spécifique à moi en français. Il faudrait que j’aille étudier en anglais », explique Edréa, membre du RÉFO et l’une des nombreuses manifestantes rassemblées devant le ministère de la Formation et des Collèges et Universités.

Les manifestants affluent malgré le froid de cette matinée de février. Des autobus venant de Sudbury, Ottawa, Welland, Barrie, Kingston, Hamilton et du Collège universitaire Glendon ont été apprêtés pour l’occasion afin de rassembler dans sa totalité la communauté.

Drapeaux franco-ontariens, pancartes aux slogans recherchés, trompettes et chants : « 1, 2,  3, 4, les cours en anglais c’est plate! », scande la foule en se mettant en route vers Queen’s Park.

Sur les parterres de l’Assemblée législative de l’Ontario attendaient les représentants des trois partis politiques dont la députée France Gélinas qui souligne l’importance de la mise en place d’un conseil des gouverneurs transitoire : « Combien ça va coûter, où sera basé le campus, c’est notre conseil de gouvernance qui doit dire tout cela ».

Les représentants de la FESFO, du RÉFO et de l’Assemblée ont également pris le micro. « Cette université, c’est créer un lieu de vie où la culture francophone rayonne tous les jours, pas seulement durant la Semaine de la francophonie ou par l’entremise d’un traducteur », martèle Rym Ben Berrah sous les clameurs de la foule.

Une foule qui n’hésite pas à apostropher la représentante du Parti libéral, Marie-France Lalonde, lors de son discours. « Engagez-vous à quelque chose! », entend-on dans la foule. Est-ce pour cette raison que la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, fera une apparition de dernière minute ?

Quoi qu’il en soit, la ministre Meilleur avait une annonce pour la foule. « Le comité a remis son rapport et ses recommandations ». Au ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Reza Moridi, d’en prendre note et de rendre le rapport public. « Le plan d’action va suivre », assure Madeleine Meilleur.

Pour France Gélinas, qui souhaite avoir accès à ce dossier, c’est un « petit pas timide, mais c’est un pas ». Elle attend cependant en priorité le budget de la province qui s’en vient jeudi prochain.

« S’il y a un peu d’argent pour mettre en place le conseil des gouverneurs transitoire, je dirais que 2018 est encore possible », assure la députée néo-démocrate.

Cette journée, qui a mobilisé 8000 élèves à l’échelle provinciale, ressemble décidément à une journée historique et les organisateurs l’ont bien compris. « L’avenir de la francophonie passe par nous les jeunes », note Jérémie Spadafora. Une jeunesse que le gouvernement ne semble plus pouvoir ignorer.

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