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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Le lièvre peut-il dormir sur ses deux oreilles ?

Le lièvre peut-il dormir sur ses deux oreilles ?

Auteur: Arthur Béague/5 décembre 2020/Catégories: 2020, Chronique environnement, Agriculture et environnement

Dans chaque ruelle de Saskatoon, Regina ou Moose Jaw, ils sont là. Certains d’entre nous les tolèrent, d’autres les aiment et d’autres encore rêvent de les voir dans leur four à 250 degrés. Nous en avons tous déjà vu et nous sommes tous d’accord pour dire que leur population augmente, mais connaissons-nous vraiment bien notre voisin aux longues oreilles ?

Ces prochaines lignes vous permettront de briller en société et de prouver à tout le monde, s’il y avait encore des réticents, que vous êtes la Madame ou le Monsieur Culture de la famille. Il est temps de rétablir la vérité sur un sujet bien trop important ici en Saskatchewan.

Les animaux aux longues oreilles que nous observons dans nos arrière-cours, sur nos pelouses et à peu près dans tous les parcs de la ville sont des lièvres de Townsend, ou lepus townsendii, aussi connus sous le nom de lièvres des prairies.

Le lièvre de Townsend est présent dans tout le centre-ouest du Canada et des États-Unis. Il affectionne les prairies ouvertes, mais il prospère dans les pâturages et les champs en raison de sa vitesse et de sa capacité à échapper aux prédateurs. Ainsi le retrouve-t-on dans les plaines du centre et du sud de la Saskatchewan.

L’espèce est à ne pas confondre avec le lièvre d’Amérique, présent aussi dans la province mais qui est plus petit, plus discret et plus habitué au milieu forestier. Ne courons pas deux lièvres à la fois !

Vous l’aurez remarqué ces dernières semaines, le lièvre de Townsend change de couleur au fil des saisons. L’hiver arrivant, son pelage marron fait place à un magnifique pelage gris, puis blanc, lui permettant de ne faire qu’un avec la neige. Redoutable stratégie anti-prédatrice, ce camouflage lui permet de rester sagement à l’abri la journée durant pour ensuite sortir au crépuscule afin de se nourrir de bourgeons, de brindilles ou d’écorces.

Chez notre ami rongeur, le mois de février est attendu comme le messie puisqu’il sonne le début de la saison de reproduction. Une période qui verra chaque hase mature donner naissance à 4-5 levreaux en moyenne par portée. Un plaisir qui pourra se reproduire jusqu’à 4 fois par an ! Chaud lapin, le lièvre ! Au vu de ces chiffres et de la sécurité que les villes leur apportent, il est facile de comprendre que la population de lièvres augmente autant.

Bien qu’aucun programme de surveillance ne soit en place en Saskatchewan, nos aînés sont d’accord pour dire qu’il y en a plus qu’avant. Les dégâts dans les potagers ou sur les arbres et arbustes en hiver sont décriés, au point de pousser certaines municipalités, dont Regina, à adopter un programme de contrôle de la population.

En 2018, vingt-sept lièvres avaient ainsi été capturés, dont dix-sept euthanasiés. Un programme qui avait suscité de vives critiques et qui n’avait pas été reconduit, faute aussi de résultats convaincants. Néanmoins, certains arbres de la ville avaient été enveloppés pour les protéger des dents longues du rongeur. Une mesure qui a fait ses preuves et qui est toujours en vigueur à Saskatoon et Regina.

La solution ne serait-elle pas tout bonnement d’apprendre à vivre avec d’autres êtres vivants et de cesser de vouloir tout contrôler ? Une vision partagée par une grande majorité d’habitants, comme l’atteste le sondage lancé par un Saskatchewanais sur Facebook.

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