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en quelques mots

 

 

Michel Vézina

Voter du bon côté ?

Eh bien ça y est. Les élections fédérales ont été déclenchées. Ce sera la plus longue campagne électorale de l’histoire du Canada moderne. Elle se déroulera sous le signe de l’Internet, de Facebook, de Twitter et autres outils informatiques. Les sondages semblent déjà prédire des résultats assez serrés, possiblement un gouvernement minoritaire, peut-être en tout cas…!

Je viens d’une famille où c’était divisé clairement. Du côté de ma mère, on était « rouge », c’est-à-dire libéral, aussi loin qu’on pouvait s’en souvenir. Du côté de mon père, on était « bleu » c'est à dire conservateur. Aux réunions de familles, parler politique était interdit mais avec plusieurs verres de gin dans le corps, le ton montait vite.

Je ne sais pas ce qui est advenu de la pensée politique familiale « bleue » suite à la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne pour créer le Parti conservateur de Stephen Harper. Dans le clan Giroux, ie le clan maternel, la ligne libérale « rouge » continue toujours de plus belle. Comme on disait dans le temps, il fallait voter du bon côté, Il semble qu'il y avait plusieurs bons côtés dans la famille.

Personnellement, j’ai voté pour la première fois au fédéral lors de la vague Trudeau (la fameuse Trudeaumanie). Je me rappelle que c’était exaltant. Pierre Elliott Trudeau était un personnage charismatique, un personnage politique qui sortait de l’ordinaire et il y avait plein d’espoir dans cette élection.

Puis plus tard, j’ai eu l’opportunité de voter pour le NPD, une rareté au Québec, étant dans le comté de Robert Cliche, un Beauceron d’origine et un orateur extraordinaire. Malheureusement, il perdra ses deux tentatives d'être élu, mais là encore on avait un personnage qui soulevait les foules.

Depuis la fin du XXe siècle, voter soulève des questions. Les programmes de partis ont une tendance à se ressembler bien qu’on puisse faire des nuances entre la gauche et la droite, même si tout le monde tend à se retrouver près du centre. Et il y a tous ces scandales qui viennent ternir la vie parlementaire. Le peuple est désabusé, les jeunes votent peu. Quant aux aînés ils sont très nombreux à exercer leur droit de vote et ils sont généralement fidèles à un parti.

La Communauté fransaskoise s’est dotée d’une structure parlementaire, l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF). Lors des élections, il y a ici et là une certaine anticipation et une certaine participation au processus électoral. L’ACF ne fonctionne pas (pas encore du moins) sur un système de partis. Il y a parfois des tendances ou des nuances, mais on peut remarquer un bon montant de consensus au sein de la démocratie fransaskoise. Le modèle est original au sein de la Francophonie et pourrait certainement être encore amélioré.

Pour en revenir au Parlement canadien, bien des gens sur la planète donneraient cher pour pouvoir voter, pour avoir le droit de choisir leur chef et représentants au gouvernement. Bien qu’imparfait notre système nous permet d’évoluer et d’éviter de nous entre-tuer, d’améliorer graduellement nos conditions de vie (pas assez vite assurément mais quand même assez rapidement).

Alors que ce soit au rythme d’Internet, Facebook ou Twitter, il reste encore près deux mois pour décider pour qui vous allez voter. Vote stratégique, vote partisan, vote pour le candidat, vote pour le chef, vote pour le programme, peu importe. L’important (c’est la rose) c’est d’exercer notre droit, notre devoir, de voter.

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