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en quelques mots

 

 

Michel Vézina
/ Catégories: En quelques mots, Histoire, 2018

Les 125 ans du Château Frontenac

Chateau Frontenac

Chateau Frontenac

Un des édifices que l’on identifie généralement à la ville de Québec est le Château Frontenac. On ne peut manquer la silhouette de cet hôtel illustre, situé dans le Vieux-Québec. L'année 2018 marque le 125e anniversaire de son inauguration. Le Château Frontenac a aussi été désigné lieu historique national du Canada, en 1981. Il surplombe le fleuve Saint-Laurent et est bordé par la terrasse Dufferin.

Sa construction a été commandée par le réseau ferroviaire Canadien Pacifique.  À l’époque les chemins de fer avaient décidé de construire une série d’hôtels de style « château » élégants et confortables afin de stimuler le voyage par train. Parmi les projets proposés, c’est celui de l’architecte américain Bruce Price, qui avait réalisé la gare Windsor à Montréal, qui fut retenu. Il  s’était, en partie, inspiré d’un projet précédent de l’architecte Eugène-Étienne Taché, architecte de l’Assemblée nationale du Québec. Le projet « Fortress Hotel » devait comprendre un hôtel de luxe avec un grand opéra et sa structure à trois tours rondes devait rappeler les châteaux français. Le Château Frontenac allait devenir le premier d’une série d’hôtels.

L’édifice a été conçu pour pouvoir être agrandi : il en sera ainsi en 1897, 1908, 1920 et 1990. C’est l’aile « Riverview » qui sera terminée en 1893 et qui marquera le début et le succès du Château Frontenac.

Le Château Frontenac a un lien avec la Saskatchewan. En effet, des briques de l’Usine de briques de Claybank, près de Moose Jaw, (aujourd’hui le site historique national de l’Usine de briques de Claybank), serviront au revêtement extérieur de l’édifice, tout comme certaines serviront à la construction de la Cathédrale de Gravelbourg et de l’hôtel Bessborough, à Saskatoon.

Ce vénérable édifice a été nommé en l’honneur de Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Ce militaire français n’avait pas froid aux yeux. Lors du siège de Québec, par la flotte de Sir William Phips, il usera d’une ruse pour faire croire au délégué de l’amiral anglais qu’il y a beaucoup plus de soldats à Québec qu’il y en a en réalité. L’histoire a retenu particulièrement la réponse de Frontenac: « … quant à votre général, qu’il sache que je n’ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ». L’attaque fut un échec et Phips quitta définitivement la Nouvelle-France. Cet épisode se déroulait en 1690.

Lors de la conférence de Québec de 1943, où Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt ont discuté de stratégie pour la Seconde Guerre mondiale, une grande partie du personnel demeurait au Château Frontenac. Le premier ministre Maurice Duplessis y a vécu pendant qu’il était premier ministre du Québec. Les postes de radio de la capitale québécoise CHRC et CBV (Radio Canada Québec dont le V était pour Villeneuve, le Cardinal qui avait été évêque du diocèse de Gravelbourg) ont occupé quelques pièces du Château Frontenac pendant un certain temps. CBV en profita pour diffuser les soirées de danse animées par Gilbert Darisse et son orchestre.

Un article du Soleil de Québec a publié quelques chiffres sur le Château Frontenac. On y retrouve 12 km de corridors; on y célèbre environ 75 mariages par année; il y a 611 chambres réparties sur 18 étages; 750 employés y travaillent en haute saison et on y sert 3 000 repas par jour. En plus, le toit abrite 280 000 abeilles dans ses 4 ruches.

Le Château Frontenac a la réputation d’être l’hôtel le plus photographié au monde. Si vous êtes passés par Québec, vous avez probablement une photo de cet illustre bâtiment.

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