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Tribune libre

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Rencontre avec les candidats à la présidence de l'ACF

Élections de l’Assemblée communautaire fransaskoise

Author: Pierre-Émile Claveau et Mychèle Fortin/Thursday, October 26, 2017/Categories: Communautaire, ACF - Assemblée communautaire fransaskoise, Francophonie, 2017

Denis Simard

Denis Simard

Photo : Pierre-Émile Claveau (2017)

La communauté fransaskoise est appelée aux urnes, le 1er novembre prochain, afin de choisir les prochains élus de l’Assemblée communautaire fransaskoise. Rencontre avec les deux candidats à la présidence, Denis Simard et Roger Gauthier.

Quelle est votre vision de l’Assemblée communautaire fransaskoise?

Denis Simard : L’Assemblée communautaire fransaskoise se doit d’être l’organisme porte-parole, gouvernant et rassembleur de la communauté. La communauté doit être unie dans son action afin qu’elle s’assure d’avoir un poids démographique auprès des instances décisionnelles et que ses messages soient clairs. Nous nous devons de nous assurer que l’entière communauté a un mot à dire sur tous les dossiers que nous entreprendrons.

Roger Gauthier : À mon avis, l’Assemblée communautaire fransaskoise doit mobiliser et motiver la communauté à vivre une vie de qualité en français en Saskatchewan. De plus, elle doit représenter la communauté auprès des intervenants et instances politiques ainsi que les agences de la majorité pour qu’ils puissent reconnaître notre pertinence et notre valeur ajoutée.

Avec votre bagage d’expérience, qu’est-ce que vous apporterez à l’ACF?

DS : Je suis fier de mettre en valeur et à profit 20 ans d’expérience pour la communauté fransaskoise. Mon temps dans le réseau jeunesse m’a permis de rencontrer 10,000 jeunes, ce qui me permet d’imaginer des nouvelles façons de faire. Pourquoi ne pas mettre sur pied un groupe de conseillers jeunesse, qui donnerait la vision des jeunes sur les grands dossiers de l’ACF? Je suis aussi doué pour trouver des sources de financement. Peut-être que le plus important est que je suis un leader rassembleur. Je vais, en collaboration avec l’ensemble de l’Assemblée des députés communautaires (ADC), être à l’écoute des citoyens fransaskois, francophones, francophiles et autres pour nous assurer que les actions de l’ACF et nous espérons le restant du réseau associatif se modifient pour répondre à leurs besoins et aspirations. Finalement, ce que j’apporte à l’ACF est des nouvelles idées, pratiques et façons de faire. J’apporte aussi moi, Denis Simard, un jeune de notre communauté qui veut prendre sa place.

RG : Avec mes années d’implication, j’apporte d’abord beaucoup de crédibilité : compétences, expérience et contacts. J’ai été impliqué dans les dossiers les plus importants et les plus critiques de la communauté, notamment l’éducation, la petite enfance, l’appui à la famille et à l’enfance, la santé. J’ai apporté une contribution importante à ces dossiers qui représentent encore aujourd’hui les enjeux principaux de nos institutions. Je connais ces dossiers à fond. Plus important encore, je connais l’ensemble des gens avec lesquels il faut être connecté, autant sur le plan local, régional, provincial que national. Les connexions et la crédibilité prennent souvent des années à établir. Je sais comment aborder les politiciens et la façon de me faire entendre ; je sais comment travailler en collaboration avec les associations communautaires et les institutions pour développer des solutions novatrices qui correspondent à nos intérêts communs et à nos aspirations.

Quels seront vos dossiers prioritaires lors de votre entrée en fonction?

DS : Le dossier de l’imputabilité et la transparence est ma priorité. Je suis d’avis que le réseau associatif doit être clair sur ses mandats et sa vision afin que nous évitions le dédoublement. Nous devons nous assurer qu’aucune instance gouvernementale ne peut faire de reproches à la communauté fransaskoise face à ses engagements financiers. De plus, il est important que l’ensemble du réseau puisse travailler dans la même direction, c’est-à-dire d’aller chercher des demandes de financement communes, d’aller chercher une variété de services pour nos citoyens et de travailler avec la grande portion de la communauté qui se sent délaissée. 

RG : Il y a l’éducation, de la petite enfance jusqu’au postsecondaire, puisqu’il s’agit d’une porte d’entrée pour nos écoles fransaskoises et le marché du travail en français. De plus, dans le dossier de l’éducation, nous devrons agir rapidement dans la crise de gouvernance et d’infrastructure.

Ensuite, il y a la question des relations gouvernementales spécialement dans le contexte du renouvellement, par le gouvernement fédéral, du plan d’action pour les langues officielles. Ceci aura un impact sur le financement de nos organismes et institutions pendant les cinq prochaines années. De plus, il y a toutes les représentations auprès des nouveaux dirigeants politiques qui seront élus pour connaître leurs positions en ce qui concerne la francophonie.

Enfin, c’est toute la question de la concertation et la mobilisation de la communauté et des organismes afin qu’on puisse avoir les meilleures stratégies pour desservir la population et atteindre les objectifs du plan de développement global dont s’est dotée la communauté.

Roger Gauthier

Roger Gauthier

Photo : Pierre-Émile Claveau (2017)

À l’heure actuelle, il y a des dissensions dans la communauté. À votre avis, quelles en sont les causes? Quelles solutions auriez-vous à proposer?

DS : Certains vous diront que la cause des dissensions sont des trouble-fêtes dans la communauté. Moi je crois que cette dissension débute avec un grand niveau de frustration qui se vit chez plusieurs. Que ce soit des nouveaux arrivants qui ont été mal accueillis ou qui n’ont pas accès aux services dont ils ont besoin, ou encore des frustrations chez les décrocheurs qui ne savent pas à quoi servent nos structures communautaires quand elles ne les desservent pas, ou encore les aînés dans la communauté qui représentent la plus grande portion de notre population, mais n’ont même pas un financement stable pour l’organisme qui les représente ce qui veut dire qu’ ils n’ont pas assez de services ou projets qui les intéressent. Je crois que les solutions sont faciles, on se doit de partager le leadership de l’ACF avec l’ensemble des organismes de la communauté pour assurer du vrai développement dans tous les secteurs clés. Je crois que les femmes, aînés et nouveaux arrivants devraient s’associer plus intimement avec l’ACF en tant que groupes cibles et par cette association bénéficier des ressources humaines et financières de l’organisme pour leur bien. Je crois que la seule chose qui va nous permettre de mieux connaître la communauté et ses besoins est un recensement communautaire. Finalement, je propose que nous fassions des choses différemment dans nos relations humaines.

RG : Notre communauté est en profonde mutation, et plusieurs membres de la communauté sont mécontents que des solutions pour répondre à leurs besoins ne sont pas mises en place. C’est le cas par exemple des nouveaux arrivants, principalement les immigrants et les réfugiés. Leurs attentes ne correspondent pas à ce qui est offert. Nos systèmes d’accueil et d’accompagnement ne suffisent pas pour répondre à leurs besoins ; ils veulent des emplois, des habitations, des services, des activités qui correspondent à ce qu’ils attendaient du Canada qu’on leur a promis. Toutefois ce ne sont pas nécessairement ceux et celles qui ont les plus grands besoins qui manifestent, et le mécontentement s’adresse souvent aux structures actuelles qui ne sont pas encore adaptées à cette situation.

Les tensions dans une communauté sont normales ; l’important est de les gérer dans le respect et d’apporter des solutions réalistes. Le dialogue interculturel, l’acquisition de compétences interculturelles nous permettront de nous adapter avec le temps. Nos ressources sont limitées et le changement nécessite un certain temps de réflexion, d’échange et d’écoute. Pour avoir participé à de nombreuses rencontres du réseau associatif dans la dernière année, tous les dirigeants sont conscients de cette situation et veulent travailler ensemble pour réduire les tensions et faciliter la collaboration.

J’aimerais toutefois indiquer que l’indifférence et le détachement sont probablement des enjeux encore plus importants. ll ne faut pas négliger d’intervenir auprès des clientèles qui risquent de trouver ailleurs le soutien et les services dont ils et elles ont besoin ; je pense aux femmes, aux aînés, aux jeunes, aux parents de familles exogames. Ils sont souvent silencieux et s’éloignent petit à petit de notre communauté.

Le Collectif des parents inquiets et préoccupés (CPIP) déposera un recours devant les tribunaux afin d’obtenir une nouvelle école primaire à Regina. Quelle importance accorderez-vous à ce dossier?

DS : Le dossier du CPIP est d’une importance absolue. Lorsque le recours sera lancé, c’est le devoir de l’ACF de mobiliser la communauté avec ses partenaires communautaires pour démontrer clairement l’importance que toute la communauté accorde à ce dossier. C’est aussi important que l’ACF, en tant que porte-parole politique de la communauté, maintienne des lignes de communication avec les divers paliers du gouvernement.

RG : Ayant été impliqué dans le dossier de l’éducation pendant de nombreuses années comme parent, directeur général de l’Association des parents fransaskois (APF), ainsi que conseiller scolaire au Conseil scolaire fransaskois (CSF), je considère qu’il faut accorder tout notre appui et notre soutien à cette cause. J’admets toutefois que j’aurais préféré un cadre un peu plus large qui inclurait les besoins d’infrastructures de Saskatoon et Prince Albert, ainsi que l’inclusion de la petite enfance. Nous souffrons présentement d’une crise de financement, d’infrastructure et de gouvernance sur le plan scolaire, et cette seule cause ne solutionnera pas tous les enjeux qui touchent nos institutions scolaires. Il faut s’assurer de maintenir les portes ouvertes avec notre gouvernement, informer l’opinion publique de nos enjeux et mobiliser les intervenants pour développer des stratégies qui appuieront nos revendications. Et surtout... SURTOUT sensibiliser les Fransaskois et Fransaskoises à l’importance de se serrer les coudes dans ce dossier.

À la lueur des coupures des services en français par la Gendarmerie royale du Canada à Gravelbourg, que feriez-vous pour préserver la vitalité des petites communautés fransaskoises?

DS : Si on se limite seulement à la question de la Gendarmerie royale du Canada, il sera vraiment primordial d’aller voir qu’est-ce que l’ACF a fait dans le dossier puisqu’elle a déjà un comité conjoint qui est supposé veiller aux besoins de la communauté. De plus, cette vitalité ne se limite pas seulement à la GRC, mais bien à tous les services. Nous devrons travailler, par l’entremise de nos organismes locaux, pour se rapprocher des mairies des villes et villages et créer une relation de confiance. Pourquoi est-ce qu’à Regina et Saskatoon, l’Association canadienne-française de Regina et la Fédération des francophones de Saskatoon ne reçoivent pas un financement de base des deux villes comme l’obtiennent déjà des centres communautaires situés dans ces villes-là?

RG : À mon avis, la vitalité des petites communautés fransaskoises passe par l’économie, et j’en ai discuté grandement avec la communauté de Gravelbourg. Il faut essayer d’appuyer les initiatives qui vont donner de la force d’influence à une petite communauté. Évidemment, quand nous rentrons dans un dossier comme celui de la GRC, je crois qu’il n’y a qu’un seul choix et c’est faire son maximum pour s’assurer que l’autorité fédérale va remplir ses obligations. J’ai mentionné qu’il doit y avoir une solidarité entre les communautés rurales pour savoir quelles stratégies mettre en place afin de maintenir leur vitalité, leurs institutions et leurs pouvoirs politiques. Elles doivent mobiliser les personnes concernées pour maintenir une qualité de vie en français dans ces lieux-là.

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