Close

Horizons - chronique littéraire du Cercle des écrivains de la Saskatchewan

Laurier Gareau

Quelle vie !

Quelle vie ! Se reposer au soleil pendant des heures alors que mon patron est occupé au bureau à faire toutes les petites jobines que lui impose le grand boss. Oui, je me plais bien au soleil à vivre cette vie de chien.

Dehors, le soleil brille sur la cour arrière de notre demeure et une légère brise fait virevolter les feuilles dans les arbres. Sur le patio, près de la chaise longue du patron, j’aperçois une brique rouge. Que fait-elle là ? Elle est rouge comme la dame de cœur dans le paquet de cartes sur lequel j’ai bavé de joie hier soir alors que mon patron essayait de battre le diable.

« C’est quoi ? »

Non, mais je suis certain avoir vu du coin de l’œil un mouvement derrière la brique. Serait-ce un écureuil ? Un lapin ? Une grosse sauterelle géante ?

« Oui, oui mon petit ami. Vas-y ! Bouge ! Laisse-moi te voir le museau. »

Bien non. Il ne peut pas se montrer le museau car il n’est pas un chien comme moi.

« Youhou ! Fais-moi signe de vie. »

Je commence à m’exciter. Je jappe à vive voix… deux fois, mais la fenêtre est une bonne protection contre le bruit des voitures et du vent et aussi contre les pauvres chiens qui jappent.

Peut-être que si je regardais par la fenêtre de la cuisine... Je pars à la course et je saute sur le comptoir faisant tomber par terre tasses et assiettes qui se fracassent en mille morceaux sur le plancher de tuiles.

À la fenêtre, je regarde dehors et je vois la brique rouge d’un nouvel angle et…

BINGO !

Bingo, c’est la chatte du voisin qui vient de sauter sur une toute petite souris grise. Et la victime fut vite consommée par Bingo.

Previous Article Extraits d'hiver - haïkus
Next Article Trente millions de pas (extrait)
Print
1764

Comments are only visible to subscribers.

Terms Of UsePrivacy StatementCopyright 2014 par L'Eau vive
Back To Top