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Le 7e art - chronique cinéma

Leslie Diaz

Dune, ou la rencontre mystique entre Denis Villeneuve et Frank Herbert

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L’affiche du film Dune de Denis Villeneuve
Crédit : Warner Bros. Pictures

Dune, c’est l’histoire de Paul Atréides, un jeune homme brillant destiné à vivre une épopée hors du commun et plus grande que ce qu’il aurait pu imaginer. Alors que la survie de sa famille et de son peuple est menacée par une autorité suprême, Paul doit se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers, celle qui produit la très convoitée « épice », faisant face à des forces obscures avides de pouvoir. Seul mot d’ordre pour survivre : dominer sa peur. 

Avant d’avoir été porté à l’écran, Dune est avant tout une œuvre littéraire de l’auteur américain Frank Herbert parue en 1965. Le roman de science-fiction a notamment ouvert la porte à des sagas comme Star WarsAlien ou encore Game of Thrones.

Dans son adaptation en 1984, David Lynch offrait un travail avant-gardiste sur les costumes et les jeux de lumière, mais se révélait parfois brouillon lors de l’utilisation des effets spéciaux et des décors. Peut-être fallait-il attendre l’évolution des technologies ? C’est en tout cas ce que l’on peut penser avec la version de Denis Villeneuve. Le film, sorti en octobre 2021, propose un spectacle grandiose tant au niveau de la colorimétrie que du jeu d’acteur et des effets spéciaux.

Le réalisateur canadien joue la carte du clair-obscur en offrant un duel continu entre couleurs chaudes portées par le soleil aveuglant d’Arrakis, planète désertique dont Dune tire son nom, et les structures métalliques froides des vaisseaux spatiaux abritant complots et noirs desseins. 

Dans ce premier opus, qui devrait être suivi d’une deuxième partie en 2023, Denis Villeneuve met en place des enjeux économiques, politiques, parfois religieux, sur fond d’écologie et de message environnemental. Les personnages sont complexes, profonds, tragiques et mystérieux. 

De multiples inspirations

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Crédit: CharlesEi1/Flickr

Les décors sont d’une élégance rare et ne sont pas sans rappeler l’époque glorieuse de l’Égypte antique ou celle de l’URSS. Le désert, entité à part entière du film, n’est pas sans nous évoquer les paysages spectaculaires d’Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola et autres décors tatooiniens créés par George Lucas.

Par ailleurs, le travail photographique du film tire son inspiration de l’univers sombre et pur de l’œuvre de Christopher Nolan ou encore celui de Ridley Scott qui, lui aussi, avait exploré les textures sableuses dans Seul sur Mars en 2015.

Dans un esprit très aérien, la foule de vaisseaux spatiaux en orbite et les partitions musicales du compositeur Hans Zimmer nous replongent dans la valse stellaire de 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), offrant des vues, un rythme et des effets de lumière dont Stanley Kubrick avait le secret. 

Enfin, les costumes d’inspiration médiévale, rappelant l’époque sanguinaire et immaculée de la Guerre sainte, sont variés et reflètent les trames et les enjeux de l’intrigue.

En d’autres mots, l’esthétisme de Dune est tout simplement magistral et le film regorge de références cinématographiques, donnant ainsi lieu à une adaptation osée et ambitieuse de cette œuvre majeure de la littérature de science-fiction.

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