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Tribune libre

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Mon grain de sel à propos de l'intimidation

Auteur: Marie-France Kenny/30 octobre 2017/Catégories: Courrier du lecteur

On parle beaucoup d’intimidation ces derniers temps. Alors voilà mon grain de sel.

Il y a plusieurs années, je me suis fait dire par une personne que j’étais intimidante. Elle m’a dit que je ne l’avais pas personnellement intimidée, mais que j’étais tout simplement intimidante. Inutile de vous dire à quel point j’ai été surprise. Je n’ai jamais eu l’intention d’être intimidante. Même si ce n’était pas du tout mon intention, j’ai compris que j’étais dans un poste d’autorité et que j’avais une stature, un non-verbal et une voix imposants.

Si au départ, ma première réaction a été de me défendre en disant que ce n’était pas mon intention, j’ai vite compris que peu importe mon intention, cette personne avait cette impression et, c’était l’impact que j’avais eu. Je ne pouvais pas non plus lui dire qu’elle ne se sentait pas ainsi, ça lui appartenait. J’avais, sans le vouloir, possiblement brimé quelqu’un dans son droit le plus fondamental, celui de la libre expression. Je me suis confondue en excuse, j’ai remercié la personne de m’avoir fait prendre conscience que par ma force de caractère, ma stature et mon ton, mon non-verbal, mon choix de mots, je pouvais être perçue comme étant intimidante, même si ce n’était pas mon intention. Je l’ai invité à m’en parler si jamais elle le ressentait à nouveau.

Dès lors, à chaque fois que j’étais dans un poste d’autorité, mes premiers échanges avec mes équipes portaient sur ma façon d’être, mes intentions, la rétroaction. J’expliquais aux gens qui j’étais, que je pouvais parfois avoir l’air intimidante sans le vouloir, et je les invitais à me le dire immédiatement si c’était ce qu’ils percevaient. J’ai aussi apporté des changements à ma façon d’être, mon non-verbal, mon ton, etc. Plus jamais on ne m’a dit que j’avais l’air intimidante. J’ose espérer que si je l’avais été à nouveau on me l’aurait dit. À ceux et celles que j’aurai intimidé sans le vouloir, je m’en excuse sincèrement et je vous invite à me faire cadeau de cette rétroaction. Sans elle, je ne pourrai pas prendre conscience de mon impact et continuer à améliorer mon comportement.

C’est bien beau de dire que notre stature, notre voix peuvent intimider sans qu’on le veuille et de dire « je suis comme ça, cela excuse tout ». En fait non, cela n’excuse en rien l’impact qu’on a sur les gens. Qu’on le veuille ou non, même si ce n’est pas notre intention, nous sommes seuls responsables de notre impact sur les autres. C’est aussi facile pour un observateur de dire qu’on n’a pas vu d’intimidation. Reste que si une personne se sent intimidée, ça lui appartient, c’est sa réalité et on ne peut lui enlever ce sentiment.

Si l’on peut difficilement changer sa stature, on peut certainement changer notre façon d’être, notre ton, notre parler, notre non-verbal et surtout notre écoute. On peut aussi inviter la rétroaction.

C’est peut-être plus difficile de s’excuser et de changer notre façon de faire que de blâmer les autres parce qu’ils se sentent intimidés, mais dans une société comme la nôtre, l’intimidation intentionnelle ou non, n’a pas sa place.

Ce qui n’a pas sa place non plus, ce sont les menaces et les injures. Vous n’êtes pas d’accord avec moi? Dites-le-moi, mais inutile de m’injurier ce faisant. A-t-on besoin de rabaisser les gens pour se sentir meilleur? Si c’est votre cas, dites-vous que vous ne sortirez jamais vainqueur en utilisant de telles tactiques. Les gens vous verront pour ce que vous êtes : un agitateur, un abuseur, un manipulateur.

Marie-France Kenny
Regina

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