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Société

Trois plumes, ou la puissance de la justice réparatrice

Richard Van Camp
Richard Van Camp, auteur de la bande dessinée Trois plumes

Le roman graphique Trois Plumes de Richard Van Camp est disponible depuis le 26 mars dans une traduction française inédite réalisée par le dramaturge Laurier Gareau et l’écrivain Raoul Granger aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP). L’ouvrage, qui s’adresse aux jeunes de la 7e à la 12e année, explore le concept de justice réparatrice, une alternative à la détention.

Coupables d’un crime qui ébranle leur communauté, Flinch, Bryce et Rupert, trois jeunes Autochtones, sont exilés dans la brousse pendant neuf mois. Guidés par deux aînés à travers une quête de découverte de soi, ils parviennent à faire réparation et à se réintégrer au sein des leurs. 

La bande dessinée s’inspire d’un événement réel survenu dans une communauté du Nord canadien. L’auteur Richard Van Camp, membre de la Première Nation Tlicho de Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest, explique que dans la réalité les trois jeunes ont été envoyés dans un centre de détention pour mineurs. 

Mais la bande dessinée, elle, met un point d’honneur à offrir une fin alternative : « J’ai changé la fin par ce que j’aurais voulu voir dans la vraie vie : la paix entre les jeunes et l’aîné qu’ils ont blessé et tous ceux affectés par l’événement », exprime l’auteur.

La justice réparatrice

Trois plumes
Trois plumes, traduit de l’anglais par les Éditions de la nouvelle plume

Richard Van Camp présente donc à ses lecteurs une alternative aux centres de détention. Fervent défenseur du modèle de justice réparatrice, l’auteur de Trois plumes part d’une tragédie pour proposer un autre regard. « C’est la beauté de la fiction, tu peux prendre un événement horrible et le transformer en quelque chose dont on peut tous apprendre », exprime-t-il.

Pour Laurier Gareau, la traduction de l’ouvrage offre ainsi la chance aux élèves fransaskois et en immersion de découvrir cette perspective. « Le roman graphique, ainsi que le film, montrent que le cercle de justice peut avoir des bienfaits pour une communauté autochtone, surtout si les jeunes contrevenants n’ont pas encore été endurcis par leur environnement, par leur traitement par la société ou par la nature de leurs crimes… Il s’agit d’une justice qui peut faire d’eux des citoyens honnêtes et responsables pour leur communauté », défend le traducteur.

« Mon vœu serait que les enseignants fassent une étude approfondie du livre et aient une bonne discussion sur la justice autochtone. Vaut-il mieux des cercles de justice réparatrice ou envoyer de jeunes contrevenants en prison ? », interroge Laurier Gareau.

Rencontre à Edmonton

Le président des Éditions de la nouvelle plume avait rencontré Richard Van Camp à Edmonton il y a deux ans à l’occasion du visionnage de l’adaptation cinématographique du livre. « On est toujours à la recherche de matériel portant sur les Premières Nations, indique Laurier Gareau. Malheureusement, trop peu d’auteurs autochtones de l’Ouest et du Nord canadiens écrivent en français et notre seul recours est de faire des traductions d’œuvres écrites en anglais, ou déjà traduites en anglais. »

L’homme de théâtre se dit chanceux d’avoir fait la connaissance de Richard Van Camp. « Quand je l’avais approché pour voir s’il serait intéressé de voir une traduction française, il m’avait immédiatement présenté à la représentante de sa maison d’édition, HighWater Press, à Winnipeg. Deux ans plus tard, nous avons cette version française », se réjouit-il.

De son côté, Richard Van Camp se dit honoré de voir son travail traduit. « La traduction française de Three Feathers est superbe. C’est un honneur d’avoir mon travail traduit dans d’autres langues. À date, Three Feathers a été traduit en cri des bois, dënësųłinë́, dene dhάh et maintenant en français. Je suis si heureux que les lecteurs français puissent lire à propos de la justice réparatrice et voir ma ville d’origine, Fort Smith, dans un roman graphique. »

Pour commander le roman graphique Trois plumes, rendez-vous sur le site des Éditions de la nouvelle plume.

 

Les propos de Richard Van Camp ont été traduits de l’anglais.

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