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Les timbrés

Michel Vézina
/ Catégories: Chroniques, En quelques mots, 2017

Couteau jaune

Connaissez-vous la ville de « Couteau jaune »? Peut-être pas sous ce nom mais plutôt sous le nom de Yellowknife! Il s’agit de la capitale des Territoires du Nord-Ouest qui tire son nom des couteaux de cuivre utilisés par les « Couteaux-jaunes », une peuplade incluse dans les Chipewyans. Peter Pond, aurait été le premier blanc à visiter le site de la ville, vers 1785. Il aurait aussi été le premier à l’identifier sur une carte la même année.

J’ai eu l’opportunité de visiter cette communauté à deux moments différents de l’année: en février 2011 et en septembre 2017. L’hiver, l’été. Cela donne deux visions complètement différentes de cette ville d’environ 20 000 habitants, incluant environ 800 francophones. Les deux visites se sont faites dans le cadre d’une rencontre du conseil d’administration de l’Association des radios communautaires de l’Ouest et des Territoires (ARCOT).

Deux moments très différents pour visiter cet endroit : en hiver, c’est le royaume du froid et surtout de la noirceur, alors que l’été est celui du temps doux et agréable et de la clarté. Ce qui n’enlève rien à l’accueil chaleureux de ces habitants du bord du Grand Lac des Esclaves.

Yellowknife est une ville de contrastes. Depuis 1967, c'est la capitale des Territoires du Nord-Ouest (ou de ce qui en reste depuis la séparation du territoire du Nunavut) et elle est la seule communauté à y avoir le statut de ville (depuis 1970). Donc, on y retrouve beaucoup d’édifices administratifs.

Mais il y a aussi un écart dans l’habitation. La ville s’étend maintenant dans plusieurs directions. On y voit de très belles maisons à l’architecture ultra-moderne tout comme on y côtoie des maisons que je qualifierais de style « bidonville ». Au bord du lac, plusieurs résidents se sont installés sur des bateaux-maisons. Les grues sont omniprésentes et maisons et édifices de toutes sortes s'élèvent un peu partout.

Yellowknife est à la base une ville minière. On y avait découvert de l’or dès la ruée vers l’or du Yukon, mais Dawson (YK) était plus accessible. Il faudra attendre les années 30 pour en commencer l’exploitation. Sont venues par la suite la période administrative, puis une autre période aurifère. L’or a depuis cédé la place aux diamants. Mais une autre ressource attire les touristes à Yellowknife, les aurores boréales. Les asiatiques du Japon, de Taiwan ou de la Corée du Sud sont particulièrement friands de ce phénomène lumineux caractérisé par des voiles colorées dans le ciel nocturne.

Et côté Couteau jaune, quoi de neuf ? La fin de semaine des 14, 15, 16 et 17 septembre, c’était le Chant’Ouest et le Contact’Ouest du Réseau des grands espaces qui ont probablement amené une couple de centaines de personnes du secteur culturel dans la région. On n’aura pas entendu le français parlé aussi souvent et autant depuis longtemps. Et bonne nouvelle, c’est un Fransaskois, Byrun Boutin-Maloney, qui a remporté le Chant’Ouest avec Mireille Labbé du Yukon alors que plus au sud, le trio Ponteix était primé au BreakOut West à Edmonton, en Alberta.

Et autre lien avec la Saskatchewan, l’école franco-ténoise porte le nom d’École Allain St-Cyr, un Fransaskois originaire de Ponteix, qui a fait carrière en éducation à Blanc-Sablon, au Québec, avant de passer par Yellowknife (TNO) où, en plus d’avoir œuvré à la mise sur pied de l’école française, il  a aussi créé la troupe de danse folklorique « Cotillon sur neige », avant de redescendre dans le sud à Gravelbourg travailler au CFEP (devenu le SFEA puis le SEFFA) et d’aller terminer sa carrière d’enseignant à Edmonton, en Alberta.

Couteau jaune / Yellowknife est maintenant une autre page de mon album de souvenirs d’une ville intéressante et d'une communauté dynamique, bien structurée associativement et possédant son journal, l’Aquilon, et sa radio communautaire, Radio Taïga.

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