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L'Apostrohe, chronique de Frédéric Dupré

Frédéric Dupré
/ Catégories: L'Apostrophe, Archives, 2018

Le beau et le bon : vers une éthique solidaire

Quelle que soit votre perception de ces deux idées importantes, si vous leur portez la moindre attention dans votre vie ou si vous choisissez de vous y investir pour les faire vivre, vous allez entrer dans une éthique qui guidera vos actions et vos perceptions du monde.

Ni l’un, ni l’autre n’a d’autorité sur l’autre, ils ont seulement un vilain plaisir à se compléter.

Deux mots, deux expériences, deux concepts aussi personnels que collectifs, aussi distincts qu’associés. Le bon devrait être beau et vice versa, n’est-ce pas ? La beauté de l’un, rappelle la nature de l’autre. Deux faces de la même pièce penseront certains. Pourtant, quel étrange paradoxe qui nous instruit sur notre unité et nos différences : le beau peut prendre des formes tortueuses pour certains et le bon peut être un acte qu’aucun ne qualifierait ainsi. Vous me direz que tout cela est subjectif, pas tout à fait.

Des livres entiers ont été écrits sur ces mots d’une véritable simplicité mais tellement fondamentaux à notre rapport au monde. Je n’ai que quelques lignes encore pour exposer une clé d’une éthique de la solidarité avec le monde du vivant.

Quel que soit votre métier, votre occupation ou votre activité, vous portez un regard sur le monde. Votre vision portée au loin est votre premier contact avec le réel. L’éthique solidaire requiert de voir le « beau » dans tout ce qui nous entoure. Ceci n’est pas simplement de s’émerveiller de tout et de n’importe quoi, non, c’est de chercher volontairement la beauté du monde. À force de chercher, de tenter de comprendre ce qui semble laid ou ignoble, vous développerez ce don qui vous apportera joie et quiétude. Évidemment, cette posture de l’esprit va changer votre rapport au monde parce qu’il est toujours plus difficile de détruire ou de dénigrer ce qui est beau.

Pour ce qui est du bon, ce n’est pas le regard ou la conscience qui peut le générer mais l’action délibérée. Nos mains et notre cerveau sont complices dans la transformation du monde. Ensemble, ils conçoivent pour fabriquer, ils imaginent pour inventer, mais c’est l’intention du cœur qui fait de leur création quelque chose de bon, de réellement utile et de bénéfique. Si les yeux peuvent créer le beau, c’est le cœur qui fabrique le bon et qui fait qu’il devient reconnaissable pour les autres.

Cette éthique vient du cœur et requiert de son « fidèle » de regarder et d’agir avec le cœur quelles que soient les circonstances. Cette éthique n’est pas facile, mais elle permet de donner au mot solidarité tout son sens et a certainement un caractère universel parce que ceux qui l’appliquent savent se reconnaitre.

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