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Art et culture
Lucas Pilleri
/ Catégories: 2020, Arts et culture, Musique

Éemi (re)fait chanter les abeilles

L’artiste fransaskoise Émilie Lebel, alias éemi, a mis à profit son confinement en collaborant avec le musicien Lévi Soulodre, lui aussi de Saskatoon, pour dévoiler le 17 juillet un nouveau remix de sa chanson Honey accompagné d’un micro-documentaire sur les abeilles. Trois mois après le lancement de son tout premier microalbum en avril 2020, intitulé Honey, la gagnante 2019 du concours Chant’Ouest est prête pour se retrouver sur les planches du Festival international de la chanson de Granby en août. Entretien.

Comment avez-vous vécu la période de confinement liée à la pandémie ?

C’était bien. J’ai pu garder mon poste à la Troupe du Jour en tant que responsable du marketing et des communications. Ça a été un bon moment pour moi. Ça a été plus lent. C’était une expérience remplie d’anxiété mais aussi relaxante. C’était un moment pour ralentir et me concentrer sur mon plan de carrière.

Vous avez lancé votre tout premier microalbum (ou EP) le 24 avril, au moment où la pandémie prenait de l’ampleur. Ça n’a pas posé problème ?

Le concert-événement que j’avais prévu a été annulé, c’était décevant. Mais ça a été un bon succès. Il y a eu du soutien. Beaucoup de gens voulaient vraiment appuyer les artistes au début de la pandémie, c’était un bon moment pour moi pour lancer mon EP.

Qu’est-ce qui vous a motivée à lancer ce remix de votre chanson Honey ?

C’est Lévi [Soulodre] qui m’a approchée. Au début, c’était juste pour le fun, puis quand j’ai vu que c’était un bon remix, j’ai décidé de le lancer. La chanson originale est plus douce et apaisante. Le remix de Lévi est différent, il a ajouté des instruments et des mélodies. C’est plus électro. Mon style est plus électro-folk ; Lévi, c’est plus rock-psychédélique. J’ai beaucoup aimé ce qu’il a fait.

Votre microalbum était vendu sous forme de code de téléchargement accolé à un pot de miel en verre. Voilà une idée peu banale ! D’où vous est-elle venue ?

L’idée m’est venue en mars 2019 avant un concert de dernière minute où je me suis rendu compte que je n’avais rien à proposer comme merch. Je ne voulais pas que les gens m’oublient. Ça s’est vendu comme des petits pains chauds ! Les gens trouvaient ça vraiment cool. Quand j’ai commencé à les vendre en ligne, les gens ont bien reçu ça, ils sont curieux de l’initiative. J’encourage d’ailleurs à faire l’expérience de mon EP en dégustant le miel ! C’est une expérience.

La dimension environnementale fait partie intégrante de votre démarche personnelle et artistique.

Pour moi, c’est vraiment important de trouver des options écoresponsables. Dans mon mode de vie, j’essaie d’aller acheter dans des magasins zéro déchet, d’acheter du linge de seconde main, etc. En lançant mon album sur des pots de miel plutôt qu’avec des CD ou des vinyles, je voulais offrir un produit terroir écoresponsable que les gens peuvent réutiliser.

D’où le partenariat avec la ferme apicole Kitako Lake Honey et le microdocumentaire que vous avez réalisé là-bas ?

Oui, l’apiculteur disait des choses vraiment intéressantes, alors j’ai décidé de filmer. Ses valeurs sont vraiment proches des miennes. C’est quelqu’un qui est vraiment là pour la communauté, il n’est pas après l’argent ou les tendances. Il veut vraiment prendre soin de ses abeilles et de l’environnement. C’est un partenaire vraiment important pour moi.

À quel point l’industrie musicale est-elle en train de changer et quel impact ces changements ont-ils sur votre travail d’artiste ?

Il y a beaucoup d’anxiété. Beaucoup d’artistes sont inquiets car le Conseil des arts a coupé les financements pour les déplacements. Mais je sais que les gens ont faim. Ça ne va pas mourir. On va trouver de nouvelles façons d’offrir des spectacles et de rassembler les gens. Il y a des événements comme des concerts dans les voitures. En août, je vais faire une prestation pour 50 personnes à Vancouver. Ce ne sera plus de grosses salles remplies. Mais je reste positive : l’industrie va s’adapter.

Et vous allez participer aux demi-finales du Festival international de la chanson de Granby le 18 août prochain. C’est un événement important pour vous ?

Ça va être un gros boost pour ma carrière. J’y vais une semaine avant pour filmer mon spectacle pour une prestation de 15 minutes. Je vais chanter La petite douleur, Pépère et Le sel. C’est un gros festival pour tous les francophones hors Québec. Le festival crée des carrières pour les artistes. C’est gros pour les gens de l’Ouest. C’est une super belle opportunité pour moi de me présenter. Comme c’est en ligne cette année, ça va être beaucoup plus accessible aux gens. J’espère intéresser plus de gens à ce que je fais.

Avez-vous des projets en cours ou à venir ?

Je vais me concentrer sur la création. J’aimerais lancer un album un jour ou l’autre. Pas tout de suite, mais dans deux ans peut-être.

Éemi sera en concert à Vancouver le 27 août en double plateau avec Loïg Morin et sur la scène du Festival international de la chanson de Granby le 18 août. Plus de renseignements sur la page Facebook de l’événement.

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