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Hélène Lequitte (Le Franco)
/ Catégories: Société, Francophonie

La francophonie des Amériques se donne rendez-vous à Grande Prairie

Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique

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Du 5 au 7 septembre, Grande Prairie, en Alberta, accueillera le rendez-vous du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. Au programme : trois jours d’ateliers et de conférences visant à revitaliser et promouvoir les communautés francophones. Le tout dans une approche inclusive et solidaire, deux valeurs phares de la francophonie internationale.

Le Réseau des villes francophones et francophile d’Amérique est un réseau pour les amoureux de la francophonie qui compte plus de 140 villes membres. Son objectif : mettre en avant les atouts touristiques, historiques et culturels des villes francophones à travers le continent. « Il faut que les villes membres et non membres puissent se rencontrer, souligne Denis Desgagné, président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques. On profite de l’occasion pour développer les capacités des communautés à développer des réseaux touristiques, culturels et économiques. »

Une première en Alberta

« C’est tellement extraordinaire », s’exclame Denis Desgagné. Tous les deux ans, le Réseau se rassemble pour une très grande réunion de bilan avec 300 à 400 personnes issues des quatre coins des Amériques, et, à la grande surprise du responsable, les membres ont souhaité se retrouver à Grande Prairie. « Je trouve ça tellement formidable. La francophonie s’ouvre. Qui aurait dit il y a trente ans que Grande Prairie accueillerait cette rencontre internationale de la francophonie ? »

C’est en fait une première dans l’Ouest canadien. « C’est l’occasion de mettre en valeur cette nouvelle francophonie dynamique, un coin où il y a de plus en plus d’apprenants en français », remarque Denis Desgagné. La rencontre montrera en quoi le Réseau est un levier de développement pour la francophonie de l’Ouest tout en faisant la promotion de la francophonie albertaine auprès des participants venus de toutes les Amériques. « Souvent on pense que la francophonie c’est le Québec, ça nous permet de dire que non, il y a une francophonie très vivante et vibrante en Alberta », précise le responsable. 

Des clefs de réflexion

Au programme de la rencontre : trois jours d’ateliers et de conférences sous le thème Promouvoir la culture francophone au sein de nos communautés anglophones. « On donne des ateliers dont beaucoup portent sur l’histoire, la revitalisation culturelle, la technologie sociale, la façon dont l’histoire a un impact sur le développement, la culture comme outil, l’économie collaborative », énumère Denis Desgagné.

Les participants y trouveront aussi des discussions très pertinentes sur la francophonie albertaine : développement du quartier francophone de Bonnie Doon à Edmonton, annonce par le gouvernement provincial de la Politique en matière de francophonie et création du Conseil consultatif provincial francophone seront ainsi discutées. « On est aussi là pour démontrer le talent et le dynamisme de la communauté franco-albertaine. Les gens vont baigner dans cette francophonie-là pendant trois jours », relève le PDG du Centre. 

Un retour concerté aux racines

Depuis l’adoption de son premier plan stratégique en 2015, le Réseau accompagne les communautés francophones pour implanter des circuits et routes touristiques. L’organisation a eu une incidence très positive sur les relations entre les communautés francophones et les gouvernements municipaux. « On n’a pas cette habitude, car nos relations ont toujours été surtout avec le fédéral », note Denis Desgagné. Ainsi, de plus en plus, les organismes francophones et les villes travaillent main dans la main.

La solidarité est de mise dans le projet. « Ça prend toute une communauté », fait remarquer Denis Desgagné. Ce « processus de fierté et de revitalisation » dépend des liens entre les organismes et les villes. « On doit briser l’isolement. Le projet de corridor touristique francophone de RDÉE Canada [Réseau de développement économique et d’employabilité] en est un exemple. Les ministres de la francophonie canadienne se rencontrent et discutent. » Un beau projet de société est en train de naître, croit le francophile, le tout dans un mouvement inclusif qui mêle Franco-Canadiens de longue date, nouveaux arrivants et francophones de langue seconde. « C’est un projet qui réunit », conclut Denis Desgagné.

Cette solidarité se trouve au cœur des préoccupations du Centre pour faire avancer les choses. Pour Denis Desgagné, la vision est claire : « Ce sont les citoyens qui vont faire la francophonie, ça ne peut pas venir d’un état ou seulement des institutions comme l’OIF [Organisation internationale de la Francophonie]. Ça vient de l’ensemble de nos énergies, de nos synergies même. Il faut mobiliser le maximum de joueurs. Il y a beaucoup plus de francophilie qu’on imagine ! »

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