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Chronique environnement par Mélanie Jean

Pierre-Émile Claveau

Les agriculteurs de la Saskatchewan optimistes

Récoltes 2017

Un tracteur dans l'eau dans un champ

Un tracteur dans l'eau dans un champ

Photo : Pierre-Émile Claveau (2017)
 Dame Nature s’est encore acharnée sur les agriculteurs de la province. L’été chaud et ensoleillé et l’absence de pluie leur a causé bien des maux de tête.

Il faut bien dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que les touristes et résidents de la province ont été gâtés par des températures chaudes en juillet, les agriculteurs ont composé avec des conditions météorologiques peu propices à l’agriculture.

« C’est encore profitable et rentable, mais nous avons déjà vécu des années meilleures. » déclare Clément Dion, agriculteur à Zenon Park.

Encore une fois, Miss Météo ne fait aucun cadeau aux cultivateurs. L’automne dernier, la pluie et la neige ont empêché les fermiers de terminer leurs récoltes, laissant au passage plusieurs cultures en terre pour l’hiver. Le printemps pluvieux qu’a connu la province a  retardé le processus de la moisson et de la récolte des cultures restantes.

Nord-Sud, deux réalités

Bien que le sud de la province ait connu une grande période de sécheresse, c’est cette région qui serait la plus avancée dans ses récoltes selon le rapport des cultures du gouvernement de la Saskatchewan. Selon les chiffres divulgués dans le rapport, la région du sud-ouest aurait 17% de la récolte combinée tandis qu’au sud-est, on évalue le pourcentage à 11%. Le pourcentage est plus petit pour les régions du centre et du nord. Au centre, environ 3% de la récolte a été récupérée tandis qu’au nord, 1%.

L’avance des agriculteurs du sud-est est due aux  mauvaises conditions météorologiques de la dernière saison agricole. Plus de 3 000 fermiers n’ont pas eu le choix de laisser un certain pourcentage de cultures passer l’hiver en terre. Ce sont les cultivateurs du nord qui ont été les plus affectés, laissant entre 5 et 40% de cultures non récoltées. Et puisque les vieilles cultures ne laissent pas place aux nouvelles, les fermiers ont dû terminer le travail de l’an dernier. Toutefois, les terres humides du printemps ont ralenti le processus.

À Zenon Park, Clément Dion estime être en retard de deux ou trois semaines comparées aux années précédentes. Il se croise les doigts pour que le gel arrive un peu plus tard. À Prud’homme, Paul Hounjet est légèrement en retard comparé à ses voisins. Lorsque nous l’avons contacté, il s’apprêtait à commencer à ramasser ses récoltes dans les prochains jours. À Gravelbourg, Cyril Ross croit qu’il est relativement à jour, à peu près comme les dernières années.

Du positif à l’horizon 

Toutefois, la faible humidité du sol depuis juin peut être perçue comme un mal pour un bien. Avec l’absence de pluie en juillet, une conséquence directe est que les chances de maladies dans le blé sont moins élevées.

« Les derniers huit ou neuf ans, nous avons reçu beaucoup de pluie en juillet. Dans les récoltes, il y avait beaucoup de maladies et de moisissures, ce qui diminuait le rendement. » explique Paul Hounjet, cultivateur à Prud’homme. Monsieur Hounjet espère obtenir un blé d’une bonne qualité comparé aux années passées où il mentionne que la majorité de son blé servait aux animaux.

Plusieurs agriculteurs sont aux prises avec de la fusariose, une maladie fongique qui s’attaque notamment au blé. Cultivateur biologique à Gravelbourg, Cyril Ross a rarement cette maladie dans ses champs. Les méthodes différentes des agriculteurs biologiques expliquent la faible présence de fusariose dans leurs récoltes.

« L’an passé, nous n’avons eu aucun cas de fusariose dans notre blé. […] Également, d’autres cultivateurs bio  en avaient très peu. Nos façons de faire les terres sont différentes de celles de l’agriculture conventionnelle ou industrielle. » explique-t-il.

Du côté de North Battleford, Martin Prince a fait part que le rendement de ses récoltes est sous la moyenne, mais que la qualité est au rendez-vous. De plus, les chaleurs de juillet ont fait en sorte que les récoltes ont pu commencer plus tôt avec les avantages que ça comporte. « On va être en mesure de faire des travaux plus tôt sur la ferme avant l’hiver. De plus, en commençant à vendre plus tôt, ça aide financièrement ».

Futur

Les prochaines semaines seront décisives pour ces quatre agriculteurs fransaskois. Dépendant de la météo, ils sont d’avis qu’ils connaîtront une année légèrement supérieure à la moyenne. Mais encore une fois, leur sort est entre les mains de Dame Nature.


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