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En quelques mots

 

 

Arthur Béague

L’hydrogène, la solution miracle ?

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Crédit : Akitada31 / Pixabay

C’est une véritable course contre la montre. Face à la menace du réchauffement climatique, de nombreux gouvernements misent tout sur l’hydrogène pour décarboner l’industrie et les transports. Pari risqué ? Essayons d'y voir plus clair. 

À la radio, à la télé, sur internet, il est partout ! L’hydrogène, véritable sauveur du monde actuel, est sur toutes les lèvres. Et pour cause : ce gaz pourrait permettre à lui seul de décarboner l’industrie et les transports ! 

Voilà un messie qui arrive à point nommé, car pour beaucoup de nos dirigeants l’idée de ralentir nos cadences et notre mode de vie est tout bonnement impensable. Dormez tranquilles jeunes gens, l’énergie verte est là !

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que l’hydrogène n’est pas une source d’énergie : c’est un vecteur qu’il faut fabriquer au même titre que l’électricité. L’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’univers, mais le problème, c’est qu’il n’est jamais seul.

Cet élément chimique est toujours associé à un ou plusieurs atomes, que ce soit dans l’eau avec l’oxygène ou bien dans le méthane avec le carbone... L’isoler revient à casser les liens entre les atomes. Et briser une liaison, ça a un coût énergétique. 

Environ 74 millions de tonnes d’hydrogène sont produites chaque année, dont 95 % directement à partir d’hydrocarbures, faisant de lui un sous-produit des énergies fossiles. La technique la plus répandue consiste à faire réagir du méthane (CH4) en le chauffant très fort avec de l’eau (H2O) pour obtenir un mélange contenant de l’hydrogène et du dioxyde de carbone. 

Tout le problème est là : le rejet de dioxyde de carbone. Une voiture fonctionnant avec de l’hydrogène produit de cette manière-là consommerait autant de CO2 qu’une voiture roulant au pétrole. Vous avez dit propre ? 

Alors oui, produire de l’hydrogène plus beau, plus propre, c'est faisable en utilisant de l’électricité soit nucléaire soit renouvelable. Forte de son industrie nucléaire, la France a annoncé le 12 octobre dernier un plan de relance de 30 milliards d’euros destiné à la recherche et au développement, dont l’un des grands objectifs est de faire du pays le leader mondial de l’hydrogène vert.

L'hydrogène connaît également un engouement certain au Canada, étant mentionné 40 fois dans le budget 2021 du gouvernement fédéral. Le pays produit actuellement 3 millions de tonnes d'hydrogène par an, majoritairement gris. 

L'objectif est d'effectuer une transition vers la production d'hydrogène vert. Le Canada peut compter sur ses énergies renouvelables, comme l’hydroélectricité au Québec et au Manitoba, ou le nucléaire en Ontario), mais aussi sur ses innovations technologiques, comme avec Air Liquide qui a inauguré au Québec le plus grand électrolyseur au monde, capable de produire jusqu'à 8,2 tonnes d'hydrogène renouvelable par jour. 

Cette technique permet de récupérer de l'hydrogène dans l'eau sans libérer de dioxyde de carbone. Mais voilà, ce processus nécessite un bon paquet d'énergie. De quoi rappeler à tous que, à l'inverse du soleil ou du vent, l'hydrogène n'est pas une source d'énergie, mais bel et bien un vecteur. 

Si produire de l'hydrogène à partir d'énergies propres semble être une solution viable pour l'avenir, il faudra malgré tout de sacrés changements pour un jour voyager la conscience tranquille !

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