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En quelques mots

 

 

Marie-Lou Bernatchez

Claude Morin, d’artisan à artiste

Du 22 au 25 septembre derniers, le céramiste fransaskois Claude Morin a participé à la 7e édition de Art Now, le seul salon des Prairies à offrir aux artistes et galeries locales, nationales et internationales la possibilité de se faire connaître dans un lieu hautement professionnel. 

En raison de la pandémie, l’événement gratuit s’est déroulé en ligne. Une dizaine d’artistes ont été choisis afin de présenter leur démarche artistique via une vidéo YouTube en direct. 

« Les pièces présentées devaient avoir été créées pendant l’année », explique Claude Morin qui a produit une vidéo de trente minutes afin de présenter sa démarche, et notamment l’effet considérable que ses rencontres avec les Premières Nations ont eu sur son travail.

Une argile unique en Saskatchewan

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Claude Morin, artiste céramiste à Moose Jaw.
Crédit : Courtoisie

« J’utilise les matériaux que l’on retrouve dans l’Ouest canadien, indique l’artiste, en particulier une argile qui provient de Claybank et Eastend dans le sud de la Saskatchewan. C’est une argile spéciale, très rugueuse et purement naturelle. Une fois chauffée, elle tourne au rougeâtre, une couleur unique. »

Claude Morin a commencé la poterie en 1986 en créant d’abord des pièces plutôt utilitaires, comme des pots et des plats. Depuis plusieurs années maintenant, il crée des œuvres plus artistiques dans lesquelles il intègre de nouveaux matériaux, comme du bois et des tiges de fer.

Une technique ancestrale 

« Ma fascination des beaux-arts a surgi à mes 35 ans », partage le natif de Gravelbourg. « Au début, j’ai adoré la céramique comme moyen d’expression. Puis ma rencontre avec les Premières Nations a beaucoup transformé mes perspectives », confie le céramiste qui s’inspire ainsi de techniques ancestrales.

Et de poursuivre : « En tant qu’artiste, je crois qu’il est nécessaire d’harmoniser son état d’esprit à celui de la synchronicité des événements afin de faire surgir de la matière sa réalité sous-jacente comme le font encore présentement plusieurs cultures autochtones. »

Celui qui a été enseignant dans une école d’immersion à Moose Jaw pendant de nombreuses années affirme que ces phénomènes holistiques des communautés autochtones d’Amérique rejoignent parfois son œuvre artistique.

« C’est un processus de manipulation, d’observation des changements et de rétention de ce que l’argile veut exprimer. Je la caresse, je la manie sans vouloir forcer sa volonté, et je dois par la suite humblement l’abandonner aux caprices du feu », décrit-il, non sans poésie. 

C’est sous des températures atteignant parfois plus de 1 000 degrés Celsius, ou 2 000 degrés Fahrenheit, que les œuvres en argile sont chauffées à deux reprises après avoir été travaillées dans des moules préfabriqués par l’artiste.

Le travail de Claude Morin est aussi empreint de son parcours de vie de Fransaskois : « J’ai de bons souvenirs des moments en campagne avec mon grand-père. La ferme se trouvait au nord de Gravelbourg. Je retiens plusieurs images : les vieilles clôtures, la poussière, les vents et les oiseaux », se remémore celui qui compose à partir de ses souvenirs.

L’artiste s’inspire aussi de sa formation universitaire en sciences, ayant même enseigné la physique. « Je me suis toujours intéressé à la théorie de la physique quantique et la théorie de la relativité et leurs applications en cosmologie », indique ce dernier.

Projets passés et à venir

Le céramiste a déjà exposé ses œuvres dans les galeries Lux et Gora, à Montréal, au Théâtre Petit Champlain, à Québec, à la Moose Jaw Museum & Art Gallery, à la galerie AKA et à la Saskatchewan Craft Council Gallery à Saskatoon, ou encore à la biennale internationale 2009 de Cheongju, en Corée du Sud. Son travail a également été présenté à Radio-Canada et au Conseil des arts du Canada.

Ce dernier a aussi participé au projet Mentorat et visibilité, une initiative du Conseil culturel fransaskois qui l’a aidé à cheminer dans ses démarches artistiques. « C’est un projet auquel j’ai participé il y a environ trois ans et je devais développer une œuvre pendant près de deux ans sous la surveillance d’un conservateur. Avec ce projet, nous sommes allés présenter nos pièces à Montréal et à Saskatoon », dit-il.

L’artiste cherche toujours des galeries et des vitrines pour exposer ses œuvres. « Je m’enligne dans l’art contemporain car l’artisanat n’est pas considéré comme de l’art, souligne-t-il. Présentement, je suis encore un artisan, mais plus mes vieux jours avancent, plus mon pendant artistique se développe. »

Claude Morin travaille en ce moment les supports de l’impression et de la gravure sur du papier japonais. « Dans quelques années, je devrais être en mesure de montrer mes impressions au grand public », se réjouit-il d’avance.

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