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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Cet épisode El Nino le plus fort jamais enregistré ?

Author: Jeannine-Marie St-Jacques, PhD/Thursday, March 24, 2016/Categories: Agriculture et environnement, S'exprimer autrement

El Niño
Image grâce à Jet Propulsion Laboratory, California Institute of Technology,
https://sealevel.jpl.nasa.gov/science/elninopdo/latestdata/archive/.
Depuis des mois, les scientifiques avertissent le monde qu’un fort épisode El Nino est en cours, possiblement le plus fort jamais enregistré. El Nino est un phénomène climatique naturel dans lequel les eaux océaniques du Pacifique oriental sont réchauffées avec un affaiblissement des alizés et une perturbation de la mousson. Avec El Nino viennent des mois de météo extrême, y compris la sécheresse, les tempêtes, les inondations, etc., dans plusieurs pays, dont les plus démunis de la terre.

L’actuel épisode d’El Nino a commencé en mars 2015 et continuera jusqu'à au moins mars 2016 mais ses effets dureront bien après. Selon les prévisions, cet El Nino sera parmi les trois plus puissants jamais enregistrés, si non le plus fort. Même si El Nino est axé dans l’océan Pacifique tropical, le phénomène a des répercussions dans la plupart du monde, tellement cet événement climatique est important.

Ces perturbations météorologiques causeront notamment des mauvaises récoltes, des pénuries alimentaires et de l’eau potable, et des flambées de maladie dans plusieurs pays tropicaux et subtropicaux. Ces effets néfastes sont déjà constatés en Ethiopie, en Somalie, au Kenya, au Malawi, en Indonésie et en Amérique centrale, selon l'Organisation météorologique mondiale. Par exemple, le riz et d’autres récoltes céréales ont déjà été frappés fort par des sécheresses sévères, selon le Programme alimentaire mondial, qui s’attend à ce que 2,3 millions de personnes en Amérique centrale et beaucoup plus en Afrique orientale et australe aient besoin d’aide alimentaire. En plus, les flambées de maladies telles que la dengue, le choléra et le paludisme seraient possibles. Aussi les chercheurs attendent une augmentation du risque d’incendies importants dans le bassin de l'Amazonie. Inversement, le Pérou et la Californie éprouveraient des inondations et des glissements de terrain. 

En plus de cet El Nino puissant, on constatera une grande augmentation dans la température de la surface de la planète à cause du réchauffement climatique créé par les émissions de gaz à effet de serre. Par conséquent, le petit ralentissement du taux de réchauffement vu pendant les 15 derniers ans s’évanouira.    

En fin de compte, même si la Saskatchewan est loin de l’océan Pacifique tropical, nous sentirons les conséquences d’El Nino cet hiver parce que sa portée est si grande. Il est probable que nous subirons un hiver relativement chaud, avec beaucoup moins de neige que normal. Bien que tout le monde se réjouisse d’avoir un hiver saskatchewannais plus doux et plus court, par contre il y aurait des conséquences néfastes l’été prochain. Cela arriverait parce que nous sommes dépendants de la quantité de neige pendant l’hiver pour la recharge des rivières, des lacs et de l’humidité du sol.

Donc, pendant que nous prenons plaisir à un hiver doux (moi-même y comprise certainement), un précurseur d’une sécheresse pour l’été prochain est mis en place dans les prairies canadiennes.

Jeannine-Marie St-Jacques, PhD, climatologue
Prairie Adaptation Research Collaborative
University of Regina

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