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L'Écho du bel âge

La France : place aux jeunes!

Auteur: Mychèle Fortin/25 mai 2017/Catégories: Coup d'oeil sur le monde, Politique, Société, 2017

Le soir du 7 mai, les partisans d'Emmanuel Macron ne se pouvaient plus. La France venait de se choisir un président de 39 ans, inconnu au bataillon il y a un an, à la tête d'un parti âgé de 13 mois, En Marche!

Non seulement les Français ont-ils élu leur plus jeune président, ils ont rejeté les partis traditionnels dès le premier tour. La lutte a été serrée: Macron 24,01 % des voix , le Front national 21,03%,  les Républicains de François Fillion 20,01%, Jean-Luc Mélanchon et La France insoumise (parti d'extrême gauche fondé en janvier 2016) 19,58%. Quant au Parti socialiste du président sortant François Hollande, il n'a récolté qu'un triste 6,36% des voix. 

Tout ça pour dire que si Macron a largement devancé Le Pen au second tour avec 65,08 % des voix contre 34,02%, c'est parce que beaucoup d'électeurs, tous horizons politiques confondus, on voté contre le FN. Anything but Marine! Aussi, l'annonce de sa victoire a-t-elle été accueillie avec un grand "ouf" mais sans "youpis", - du moins, dans le resto-bar parisien où je me trouvais le soir des élections.

Dans les jours qui ont suivi, le soulagement s'est teinté d'espoir. Et si le nouveau président, qui se dit ni de droite ni de gauche (et qui a réussi à déstabiliser les deux), allait vraiment faire bouger les choses? Et si ça marchait? Un consensus qui semble être largement partagé par ceux qui l'ont élu, qu'ils aient voté pour lui dès la première heure ou non, est "qu'il faut lui donner sa chance", et que "si les vieux ont droit à l'erreur, les jeunes aussi".

Un président hors norme

Le soir de sa victoire, Emmanuel Macron a dit qu'il devait une bonne partie de ce qu'il était à sa grand-mère, femme de lettres et de culture. Il a fait du théâtre, il est pianiste (3e prix du conservatoire d’Amiens). Titulaire d’un diplôme d’études approfondies en philosophie, il a été le dernier assistant de Paul  Ricoeur(*)

Du monde des arts et de la philo il passe à celui de la finance. En 2008, il rejoint la banque Rostchild.  En 2012 il est nommé secrétaire général adjoint au cabinet de François Hollande, puis ministre de L'Économie, de l'Industrie et du Numérique en 2014. En avril 2016  il fonde En marche ! Le reste, comme on dit, is history.

Enfin, il a osé épousé une femme de 24 ans son aînée. Et elle, Brigitte, a osé dire oui. Hors norme disais-je?

Bref, il a du culot, de la culture et de la détermination. Sera-t-il un bon président?

Pour la suite des choses

Il faudra attendre les législatives de juin pour connaître sa véritable marge de manœuvre. Si j'étais macroniste, je serais plutôt optimiste. Le PS se cherche une raison d'être alors que le choix de Macron de nommer le républicain Édouard Philippe (46 ans) au poste de premier ministre déstabilise une droite déjà pas mal secouée.

Mais rien n'est joué dans les départements où il faut compter avec le FN à l’extrême-droite et La France insoumise à l'extrême-gauche. Quatre Français sur dix ont choisi un ou l'autre de ces partis lors du premier tour, surtout dans les régions où le chômage sévit et/ou le taux de population « venue d'ailleurs » est élevé. (**)  

Le vrai test viendra quand Emmanuel Macron voudra faire passer des réformes nécessaires mais impopulaires.  On verra alors jusqu'où va l'appui dont il bénéficie aujourd'hui. Si le président est jeune, les institutions sont vieilles.

La fin de Marine Le Pen?

On a parlé de défaite cuisante pour le FN, de la remise en cause du leadership de Marine Le Pen, des dissensions qui couvent au sein du parti. Bien sûr, le FN n'a pas atteint les 40 % des voix qu'il espérait mais... n'oublions pas qu'il a obtenu le score le plus haut de son histoire, soit le tiers des votes exprimés.

N'oublions pas non plus qu'il n'y a pas si longtemps, il était honteux d'être lepeniste alors qu'aujourd'hui les partisans ne s'en cachent plus. La position anti Union européenne et anti zone euro de Marine Le Pen lui a coûté bien des votes. On peut déjà parier que cette position ne sera plus au programme du FN en 2022. 


*Paul Ricœur (1913-2005) est un des grands philosophes français du vingtième siècle.

** Deux exemples:

Saint-Denis, quartier populaire et multi-ethnique au nord de Paris: 43,39% pour Mélanchon au 1er tour; 84,12% pour pour Macron au 2e tour

Pas-de-Calais:  34,34% pour le FN au 1er tour, 52,05% pour le FN au 2e tour.

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