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Du personnel de Médecins sans frontières tué dans un raid américain sur un hôpital

L'hôpital de Kurduz, en Afghanistan, brûle après des frappes aériennes américaines.

L'hôpital de Kurduz, en Afghanistan, brûle après des frappes aériennes américaines.

Photo: Médecins sans frontière
KABOUL _ Seize personnes sont mortes, dont du personnel de Médecins sans frontières et trois enfants, à la suite d'explosions survenues dans un hôpital de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, visiblement causées par des frappes américaines.

Dans un communiqué, l'organisme humanitaire a affirmé que des "bombardements soutenus" avaient eu lieu vers 2 h 15, dans la nuit de vendredi à samedi. Les forces afghanes soutenues par l'armée américaine tentaient de repousser les talibans qui s'étaient rendus à Kunduz, lundi dernier.

L'armée américaine a confirmé avoir mené des tirs aériens à Kunduz à la même heure. Le porte-parole militaire Brian Tribus a indiqué que l'opération "pourrait avoir eu des dommages collatéraux dans une installation médicale", ajoutant qu'une enquête était en cours sur l'incident. Il s'agit de la douzième campagne de tirs des Américains "dans les environs de Kunduz" depuis jeudi, a-t-il affirmé.

Médecins sans frontières a précisé que son centre de traumatologie avait été touché plusieurs fois et qu'il avait subi des dommages importants. L'hôpital abritait à ce moment-là 105 patients et leurs proches, ainsi que 80 employés afghans et étrangers. L'organisme a précisé que tous ses professionnels étrangers étaient sains et saufs.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi, a déclaré lors d'une conférence de presse que "10 à 15 terroristes" étaient cachés dans l'établissement lors de l'opération. Selon lui, tous les talibans sont morts, mais des médecins ont également péri.

Il a indiqué que les 80 employés de l'hôpital avait été reconduits dans des lieux sûrs.

Wahidullah Mayar, porte-parole du ministre de la Santé, a écrit plus tôt sur son compte Twitter que 37 personnes avaient été blessées, dont 24 employés.

Le représentant spécial des Nations unies en Afghanistan, Nicholas Haysom, a condamné l'opération militaire "tragique". "Je réitère à toutes les parties du conflit de respecter et de protéger les installations médicales et humanitaires", a-t-il souligné.

Sediq Sediqqi a affirmé que l'armée parcourait toujours la ville à la recherche de talibans et qu'elle continuera jusqu'à ce que tous les "mauvais éléments" soient éliminés.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a émis un communiqué pour dire qu'aucun de ses militants n'était dans l'établissement lors de l'opération. Il a d'ailleurs accusé les services de renseignements afghans d'avoir transmis des indications erronées afin de frapper volontairement l'hôpital. 

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