Close

Mots d'ados





Les Mots d’Ados est un projet développé par La Troupe du Jour (LTDJ) en collaboration avec le Conseil des écoles fransaskoises (CÉF). De 2008 à 2015, le projet a permis à quelques centaines d'élèves de développer leur créativité et de s’exprimer dans différents genres littéraires. Des textes sélectionnés ont été mis en lecture chaque année par La Troupe en plus d’être publiés dans l’Eau vive

 

13 décembre 2017

David Baudemont : Parcours d'un écrivain

David Baudemont, lors d'une séance de dédicaces au Salon du livre de Montréal.

David Baudemont, lors d'une séance de dédicaces au Salon du livre de Montréal.

Photo : Martine Noël-Maw (2017)
MONTRÉAL - Lors du Salon du livre de Montréal, qui se déroulait du 15 au 20 novembre dernier, l’Eau vive a rencontré David Baudemont à l’occasion du lancement de son dernier roman, Jaune, publié aux Éditions Pierre Tisseyre.

Né à Thann, en France, géologue de formation et émigré dans les Prairies canadiennes à 29 ans, il est l’auteur d’une douzaine de livres - dont beaucoup pour la jeunesse - et a coécrit plusieurs pièces de théâtre. Sa plume s’est méritée divers honneurs, notamment le Prix du livre français du Saskatchewan Books Award en 2004 (Les beaux jours, aussi mis en nomination pour le Prix Saint-Exupéry en France), et en 2008 (Olga). Il a aussi récolté le Prix du Centre des écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles en 2014.

David a terminé une formation d’art-thérapeute, au Kutenai Art Therapy Institute, en Colombie-Britannique, en 2007 et partage son temps entre cette profession et l’écriture. Impliqué dans la communauté artistique et littéraire fransaskoise, il préside également le Cercle des écrivains de Saskatoon depuis 2010.

Voici notre entretien.

L'Eau vive : Vous avez d’abord fait carrière comme géologue avant de devenir art-thérapeute, auteur et illustrateur. Comment êtes vous passé d’une profession aux autres ?

David Baudemont : J’ai déjà cru pouvoir me caser dans la normalité. Alors je suis devenu géologue et ingénieur et j’ai tenté de m’intégrer au sein de la hiérarchie de la grosse industrie minière. Ça n’a pas marché. À l’époque où j’ai commencé à écrire, il me semblait que je n’étais plus de la même couleur que mes collègues. Il fallait que je trouve un autre modèle, ou j’aurais été malheureux comme les pierres.

La piqûre de l’écriture est venue avec mon premier roman, en 2000. J’ai commencé à écrire Les beaux jours avec les élèves d’une classe de 7e et je me souviens de ce mois de mai comme d’un grand rayon de soleil. J’ai tout de suite compris que je ne pourrais plus vivre sans l’écriture. J’ai eu une période de transition, entre 2000 et 2005, où j’étais consultant en géologie et où j’écrivais des livres avec les enfants dans les écoles.

EV : Et l’art-thérapie ?

DB : Après deux ans de maîtrise dans une école dont le diplôme n’est pas reconnu au Canada (il n’y a que celui de l’Université Concordia qui l’est), je me suis débrouillé pour travailler avec diverses associations, des handicapés, des réfugiés qui arrivent de camps, des autistes, et avec une petite clientèle adulte aussi.

J’adore travailler avec les autistes. Ils ne communiquent pas très bien par la parole ou les yeux mais arrivent à le faire par le dessin ou la marionnette. Pendant longtemps, je me suis cru fort comme un roc mais en vérité je ne l’étais pas. Je me sens beaucoup plus proche de ces gens là, qui sont vulnérables, que du domaine minier, qui est sec. Ça manque un peu de poésie, la mine. Pas la géologie, mais la mine.

EV : Comment votre propre expérience a-t-elle influencé l’écriture de Jaune ?

DB : Jaune parle de l’immigration et de l’exil, entre autres choses. Non seulement ai-je quitté la France, mais je suis allé passer 20 ans dans l’Athabasca, au nord du nord de la Saskatchewan. À un moment donné, je me suis senti plutôt déchiré entre la France et le Canada. Au bout de 10 ans, j’ai ressenti un mal du pays énorme. Je me sentais un peu esseulé. Il a fallu que je me retrouve et me redéfinisse en me tournant vers le Sud, vers la plaine, les gens, la littérature et l’art. Car ça parle aussi de nos propres racines, Jaune; on ne peut fuir ce qu’on est.

EV : Votre livre s’adresse-t-il à un public en particulier ?

DB : Au départ, c’était un roman jeunesse mais Pierre Tisseyre, mon éditeur, le commercialise comme un roman pour tous. Je crois qu’il a raison. Apparemment, ça plaît autant aux adultes qu’aux enfants. Je crois que c’est accessible dès neuf ou dix ans, mais beaucoup d’adultes de mon entourage m’ont dit être touchés par l’histoire. On peut penser que pas mal d’entre eux se reconnaissent dans Jaune parce qu’on va du début de la vie jusqu’à la fin. On touche aussi au deuil avec la mort de l’Ancien.

EV : Y a-t-il un « Ancien » dans votre vie ?

DB : J’ai eu pas mal de mentors mais je ne les reconnais pas dans l’Ancien. Ils ont surtout été des inspirateurs professionnels alors qu’il y a une réelle affection entre Jaune et l’Ancien. En fait, je me rends compte que j’écris, de façon un peu prémonitoire, le rapide déclin de mon père qui a vieilli de 15 ans cette année. En revenant de France il y a quelques mois, où j’ai été le voir à l’hôpital, j’ai relu le texte de Jaune pour les corrections. Au passage de l’Ancien, j’ai pris conscience de la ressemblance avec mon père, du fait d'envisager de devoir continuer sans lui. Il n’y aura plus cette espèce d’approbation tranquille qu’il me donne. C’est un homme très discret dont je n’ai pas reconnu l’influence pendant longtemps, puis un jour je l’ai découvert. L’Ancien, c’est pareil, c’est une voix qui dit «t’en fais pas, tu y arriveras, ça va marcher ».

Imprimer

Comments are only visible to subscribers.

Galerie de photos - Les Mots d'ados

Les mots d'ados - Index

Laissez les bons temps rouler à La Nouvelle-Orléans!

Laissez les bons temps rouler à La Nouvelle-Orléans! 21 février 2020

Laissez les bons temps rouler à La Nouvelle-Orléans!

Le Mardi gras attire des visiteurs qui aiment festoyer, mais La Nouvelle-Orléans offre bien plus qu’une simple foire. Elle nous séduit aussi grâce au panache de sa musique et l’éclat de sa nourriture.

Un cœur d’or

21 mai 2015

Un cœur d’or

Joëlle Lapierre, 9ième année, École canadienne-française de Saskatoon

Je suis à la table avec ma mère et mon père. Tout est silencieux.  Ils me regardent d’une drôle de façon… Ma mère me dit :

     -  Audrey Stéphanie Archer, nous avons quelque chose que nous voulons que tu lises.

Cela ne doit pas être très bon. Mes parents utilisent seulement mon nom au complet quand c’est quelque chose de sérieux. 

 

La fuite

30 avril 2015

La fuite

Texte de Gils Mariani, 9ème année, École Valois, Prince Albert

Je m’appelle Hurley, j’ai 5 ans, et je vis dans l’enclos derrière le garage « Mean Machine ». Mon travail est de faire en sorte que personne n’entre ici.

L’héritage de Jérôme Simard

15 avril 2015

L’héritage de Jérôme Simard

Texte de Roxanne Masson 2015 9ème année, École Monseigneur de Laval, Regina

Il fut un temps : Odienné

11 septembre 2014

Il fut un temps : Odienné

Texte de Deborah Seye

 « Si un jour tu reçois cette lettre, Yohan,  c’est que tout a mal tourné, que le plan est tombé à l’eau. Avant que tu ne te poses plus de questions, nous préférons te laisser comprendre par toi même…

« Une toute petite exagération de rien du tout »

10 juillet 2014

« Une toute petite exagération de rien du tout »

Texte de Marie Hardouin

« Ô Grand Dryadalis! Raconte-nous une histoire! »

Samba et Sogolon la sorcière

11 juin 2014

Samba et Sogolon la sorcière

Il était une fois une sorcière du nom de Sogolon qui vivait dans un village africain appelé Zabota. Elle voulait tuer tous les hommes du village et rendre leurs femmes malheureuses par pure méchanceté. Personne ne savait pourquoi Sogolon agissait ainsi. Dans le village, toutes les femmes s’étaient habituées à la colère de Sogolon et continuaient à vivre leur vie sans s’en préoccuper sauf Samora qui était plus sage, plus belle que toutes les autres.  Elle était malheureuse parce que lorsqu’elle est tombée enceinte, son époux est allé combattre la sorcière et depuis ce jour, personne ne l’a revu.

La légende du cheval enflammé

22 mai 2014

La légende du cheval enflammé

Tout à coup, j’entends un bruit comme un mur qui se brise. Je sursaute et je peux entendre le feu et je commence à sentir la fumée. Rapidement, je prends mon fils par la main et je lui dis qu’on doit se sauver. C’est la quatrième fois cette année que notre maison brûle. Je suis très triste, mais ma peur m’empêche de le montrer. On embarque dans la voiture et on part à toute vitesse. Dans le miroir de ma voiture, je le vois, il est devant ma maison et me regarde. Je ferme les yeux et quand je les ouvre, il a disparu. Était-ce mon imagination?

La potion d’amour

La potion d’amour 1 mai 2014

La potion d’amour

Texte d'Andréanne Lavoie créé dans le cadre du projet Mots d'ados.

Angéline n’est ni belle, ni laide, ni intelligente, ni stupide. Pour dire la vérité, elle est plutôt plate, mais cache un gros cœur tendre. Gustave, son père, propriétaire d’une auberge, a aussi un gros cœur, mais contrairement à sa fille, il a des idées, pour dire le moindre, extrêmes. Gustave a des ambitions pour sa fille et lors de l’arrivée d’un Duc, il saute à l’occasion. Comme sa fille n’attire pas l’œil de celui-ci, il décide d’intervenir… à l’aide d’une potion magique!

RSS
RSS
Back To Top