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Et si on arrêtait de se parler juste entre nous?

Auteur: Jean-Pierre Picard (EV)/30 avril 2015/Catégories: Éditorial, 2015

À l’assemblée annuelle de la Coopérative des publications fransaskoises il a été question de l’importance de tenir compte du marché francophile et anglophone.

Nous y avons discuté de la pertinence de faire de la place à l’anglais sur le Portail fransaskois.

Il y a bien sûr l’aspect financier. L’Eau vive a renoué avec sa longue tradition de déficit et, comme c’est le cas pour beaucoup d’organismes, la CPF doit diversifier et augmenter ses revenus.  Dans ce contexte, élargir son marché, s’adresser à un plus grand bassin de population, sont des incontournables. 

Mais ce n’est pas uniquement une question de sous qui pourrait nous amener à faire place à la langue de la majorité sur le site Web. C’est aussi une question de visibilité et de sensibilisation. Il faut se faire connaître en tant que francophones et ça ne peut pas se faire uniquement en français.

L’entrevue publiée cette semaine dans l’Eau vive avec le maire de Saskatoon, Donald Atchison, démontre qu’il y a encore fort à faire pour sensibiliser la majorité à la réalité de la dualité linguistique canadienne et au concept des peuples fondateurs. À la question sur l’offre de services en français par la ville, monsieur Atchison a répondu « il y a d’autres cultures qui peuvent revendiquer ces mêmes droits et dont les langues devraient alors être représentées au même titre. » 

Lorsqu’on lui a demandé quels sont les symboles les plus représentatifs de la francophonie canadienne à Saskatoon, il ne faut pas s’étonner si le maire a spontanément donné La Troupe du Jour comme exemple. Depuis plusieurs années, LTDJ fonctionne en symbiose avec la majorité. Ses productions sont généralement accessibles aux non-francophones par le biais de surtitres en anglais et elle développe régulièrement des partenariats avec des organismes anglophones et autochtones.

La chronique de Michel Vézina de cette semaine mentionne qu’un atelier sur la diversification financière avait souligné « l’importance d'explorer et d'exploiter les marchés des francophiles et des anglophones. » 

Nous sommes vraiment peu nombreux, d’où l’importance de tisser des liens avec la majorité. Pour reprendre l’exemple de La Troupe du Jour, dans son programme on peut voir une quinzaine de commanditaires et partenaires anglophones qui ne sont pas des organismes subventionneurs. Grâce à ses efforts d’inclusion linguistique, LTDJ a non seulement élargi sa clientèle, mais elle a  réussi à diversifier efficacement ses sources de revenus. Ceci lui permet d’avoir plus de ressources à injecter dans le développement des productions francophones et d’activités de développement culturel auprès de la communauté fransaskoise. C’est un modèle à suivre.

Cette année, l’Association canadienne-française de Regina célèbre (ACFR) son 50e anniversaire. Ce n’est pas tous les jours qu’un organisme fête un demi-siècle d’existence et c’est là une occasion de visibilité à saisir. Mais voilà, l’ACFR songe à ne pas participer à Mosaïc, la fête interculturelle de Regina, en 2015. Je ne peux m’empêcher de voir dans cette décision un rendez-vous raté.

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