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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Une boîte à musique empreinte d’histoires

Cédric Delavaud et son orgue de barbarie

Auteur: Marie-Lou Bernatchez/20 septembre 2019/Catégories: 2019, Arts et culture, Musique

Connaissant un renouveau en France, mais peu commun au Canada, l'orgue de barbarie est un vrai symbole culturel français qui traverse les époques. Le Fransaskois Cédric Delavaud est l’un de ses fiers adeptes.

Cédric Delavaud est propriétaire d'un orgue de barbarie depuis près d'un an. Il affectionne l'instrument qu'il a acheté lors de son dernier voyage outre-mer. Celui qui est passionné de vieux objets et qui est également créateur de jouets de bois a été charmé par le son et par l’histoire de cette boîte à musique. 

Un riche passé

« C'est un instrument qui date du 17e siècle. À l’époque, le terme ‘barbarie’ désignait tout simplement ce qui n’était pas français. Cet instrument était joué par des étrangers qui venaient en France, appelés ‘barbares’, mais ça n’avait rien à voir avec la méchanceté. » Le jeune trentenaire père de deux enfants raconte avec engouement l’histoire de son objet de collection.

« Cet instrument est à l’origine de la musique d’aujourd’hui. Autrefois, la musique était réservée à l’élite. Le peuple n’y avait pas accès. Quand les premiers orgues ont vu le jour, la musique est devenue accessible à tous car les mélodies ont été retranscrites pour pouvoir être utilisées par l’orgue. C'est le début de la démocratisation de la musique avec l’arrivée des premiers orgues. »

Le 17e siècle connaît ainsi un véritable essor des fabricants d’orgue jusqu’au milieu du 19e siècle, indique le passionné. «Au début, c’était de gros orgues qui étaient construits, mais la spécificité du mien c’est qu’il s’agit d’un petit format, il est portatif. »

Un instrument accessible à tous

L’orgue de barbarie se classe dans la famille des « automatophones », signifiant qu’il fait partie des instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques. Le jeune homme le reconnaît, « on n’a pas besoin d’être musicien pour jouer de cet instrument. C’est une manière de jouer de la musique sans avoir aucune compétence. Je ne me considère pas comme un musicien. »

Plutôt simple à utiliser, l’orgue de barbarie se compose d’une manivelle qui actionne des pompes produisant de l’air comprimé et un ensemble de mécanismes amenant l’air jusqu’à des tuyaux qui produisent le son. On y installe des cartons perforés de petites notes pouvant être changés selon la mélodie désirée. Une fois le carton installé, le joueur tourne la manivelle, créant ainsi la musique.

Arrivé à Regina en 2013, Cédric Delavaud détient une collection de 40 mélodies en tous genres, de la musique pour enfants aux airs de Noël. Il explique que l’on retrouve en grande majorité des musiques traditionnelles françaises, mais que certains noteurs (les fabricants de cartons perforés) s’adaptent au monde musical moderne afin d’attirer les plus jeunes et ainsi transmettre la tradition. « Il y en a même qui retranscrivent du Michael Jackson ! », s’exclame-t-il.

Celui qui effectue régulièrement de la suppléance dans les écoles est parfois appelé à jouer de son orgue lors d’événements spéciaux comme la fête du Canada et certains festivals. Bien que son utilisation soit en déclin, l’orgue de barbarie reste présent lors de certaines fêtes et évènements en France.

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