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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Pierre-Émile Claveau
/ Catégories: Communautaire, Gravelbourg

Rencontre avec Michel Vézina, le conseiller démissionnaire de Gravelbourg

Michel Vézina

Michel Vézina

GRAVELBOURG - Le conseiller municipal de Gravelbourg, Michel Vézina, a démissionné de ses fonctions pour protester contre l’envoi d’une lettre par la municipalité recommandant la rétrogradation linguistique de deux postes de gendarme.

Monsieur Vézina a quitté la séance du conseil du 21 septembre dernier avant la fin. Dans sa lettre de démission remise le soir même, il explique qu’il ne peut se montrer solidaire du conseil dans ce dossier. Il ajoute qu’il s’agit d’une question de principe touchant la francophonie qui lui est fondamentale. Michel Vézina a accepté de s’entretenir avec nous.

Pourquoi étiez-vous contre à la rétrogradation linguistique de deux gendarmes?

Plusieurs répercussions peuvent s’en suivre. Il faut savoir qu’à Gravelbourg, environ 30 % de la population est d’origine francophone, et quand nous nous faisons arrêter par la GRC, nous vivons une situation de stress. Passer d’une langue à l’autre, même si nous sommes assez bilingues, ce n’est pas évident. Il peut y avoir de l’incompréhension, notamment pour notre immigration africaine francophone et nos touristes dont l’anglais n’est pas parfaitement maîtrisé. De plus, les gendarmes vivent et s’impliquent dans la communauté, et font de la prévention dans les écoles. Si ça ne se fait pas en français, ce n’est pas l’idéal pour renforcer l’identité francophone de nos élèves. 

D’après vous, est-ce qu’il y a d’autres exemples d’érosion des services en français à Gravelbourg?

Pour l’instant, c’est certainement le plus évident que nous pouvons voir. Occasionnellement, il y a des questions qui se posent au niveau du bureau de poste, mais pour l’instant, les services bilingues sont assurés. Au niveau des deux écoles fransaskoises, malgré des hauts et des bas, ça se maintient encore. Mais il faut demeurer vigilants. Du côté paroissial, depuis le départ de l’Abbé Carignan, ça été plus difficile d’avoir les services pastoraux en français. Par contre, nous avons un prêtre qui est bilingue. Il faut toujours être sur nos gardes, même si s’est acquis, rien n’est jamais coulé dans le ciment. 

Est-ce que cet épisode reflète un désengagement du conseil municipal face au caractère francophone de Gravelbourg?

Dans les dernières années, il n’y a pas vraiment eu d’engagement du conseil municipal pour le bilinguisme. Les conseillers autour de la table ne comprennent pas la réalité francophone de la communauté. Les personnes élues sont là pour gérer Gravelbourg. Je comprends qu’elles n’ont pas que la question du français sur les bras, elles ont plusieurs priorités beaucoup plus urgentes comme l’aqueduc et les égouts. En même temps, la ville a manqué une belle occasion d’affirmer son caractère bilingue.

Monsieur Vézina a déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles tout comme l’Association communautaire fransaskoise de Gravelbourg afin de dénoncer la décision de la GRC de retirer les exigences linguistiques des policiers à Gravelbourg.

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