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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Qu’est ce qui nous habite?

Auteur: Francine Proulx-Kenzle/19 mai 2016/Catégories: Tabou No More - Réflexions sur la santé mentale, Société, Santé, 2016

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Qu’est-ce qui nous habite? Une question banale, bizarre et non-pertinente vous me direz.  J’ai choisi ce titre pour attirer votre attention sur ce qu’on néglige souvent dans nos interventions personnelles ou professionnelles, à savoir dans quel état de santé mentale on se trouve à un certain moment pour mieux « être » avec nos proches, nos collègues, nos voisins et même les étrangers que l'on croise dans notre quotidien. 

L’Organisation mondiale de la Santé définit ainsi la santé mentale: « un état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté. » 

Cette définition nous invite à penser deux fois à l’importance de la santé mentale dans notre vie de tous les jours.  Il est reconnu que la santé mentale est de nature changeante et est affectée par les déterminants sociaux de la santé qui expliquent les statistiques suivantes : « 1 Canadien sur 3 aura un problème de santé mentale au cours de sa vie et au moins 1 Canadien sur 5 aura un problème de santé mentale sur une période d’un an. »

Êtes-vous surpris de voir que les problèmes de santé mentale sont courants? Et ces statistiques ne prennent pas en considération les nombreuses personnes qui ne cherchent pas à se soigner, ou encore les personnes qui cherchent des traitements auprès de thérapeutes privés ou d’autres sources qui n’apparaissent pas dans les statistiques. 

Comment définir un problème de santé mentale? La Commission de la santé mentale du Canada le décrit comme suit: «(un problème) qui entraîne des changements majeurs dans le mode de pensée, l’état émotionnel et le comportement d’une personne et perturbe sa capacité à travailler et à entretenir ses relations personnelles habituelles. »

Les déterminants 

Selon la recherche sur la santé mentale, les trois déterminants les plus importants sont : la sécurité économique, l’inclusion sociale et l’absence de discrimination quelle que soit notre origine ethnique, notre identité sexuelle ou de genre, et la violence.

Plusieurs autres éléments peuvent déclencher des problèmes de santé mentale : changement social rapide (eg. naissance, séparation, divorce, deuil); conditions de travail difficiles (eg. environnement malsain, harcèlement); abus de substances (eg. alcool, drogues); maladie physique (eg. chronique, accidentelle); catastrophes naturelles (eg. incendie, inondation, tremblement de terre). 

En fait, il faudrait vivre dans une bulle stérilisée ou encore dans un château sécurisé au maximum pour ne pas être affecté, à un certain moment de notre vie, par un de ces éléments déclencheurs. 

Le continuum de la santé mentale

Tout comme notre santé physique peut changer d’une journée à l’autre, la même chose s’applique à notre santé mentale. 

Dans le bon vieux temps, on décrivait l’état de la santé mentale sur un continuum, avec une extrémité pour représenter la bonne santé mentale, et à l’autre bout, la mauvaise santé mentale.  Aujourd’hui on sait qu’une personne atteinte d’un problème de santé mentale (eg. trouble bipolaire ou dépression) peut bien vivre avec des stratégies d’adaptation saines, la médication, des thérapies professionnelles, etc. 

On peut mieux représenter le continuum de la santé mentale en utilisant deux axes différents.  Nous nous situons tous à un certain endroit sur les axes et nous pouvons changer de direction en tout temps. 

Si on prenait une photo de mon emplacement sur ce continuum aujourd’hui, je me trouverais en haut, à droite : je me sens bien, en pleine forme physique et mentale.  Il y a 10 ans, quand commençait mon aventure avec un cancer, j’étais en haut, à gauche : je me sentais basse en énergie physique mais quand même en bonne forme mentale. 

Il y a 7 ans, suite au suicide de mon fils Jérémy, j’étais en bas, à droite : même si je me sentais bien physiquement, le choc du deuil a grandement affecté ma santé mentale pour un certain temps. 

À date, je ne me suis pas retrouvée en bas, à gauche… tout ça pour dire qu’on peut se retrouver dans ces différents quadrants à différents moments de notre vie.  C’est la vie!


Sources :

Mouvement Santé Mentale Québec : http://www.mouvementsmq.ca/

Cours de Premiers soins en santé mentale Canada : http://www.mentalhealthfirstaid.ca/FR/Pages/default.aspx

 


 
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