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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Le Plan de développement global: une courtepointe communautaire

Auteur: Michel Vézina/15 septembre 2016/Catégories: En quelques mots, Communautaire, 2016

Ces jours-ci, quand on quitte ou on arrive par avion en Saskatchewan et que l’on regarde le paysage au sol, ça ressemble à une grande courtepointe. On y voit des carreaux dorés comme le blé, vert foncé comme la luzerne, bleu-violet comme lin, jaune foncé comme le canola, d’autres qui sont du bleu des étangs. Ces agencements rappellent les courtepointes qui se faisaient autrefois dans les familles en récupérant des morceaux de tissu de vêtements ou de linges qui ne pouvaient plus être utilisés. Aujourd’hui, on fait encore de ces très belles courtepointes mais on le fait surtout à titre de loisir. 

Tout ça pour parler de développement communautaire. À ce temps-ci de l’année, le réseau associatif remet ses effectifs en branle. Inter-intra pour les employés, Table des élu.e.s pour les élu.e.s, rencontre de l’Assemblée des députés communautaires, rencontres des conseils exécutifs, conseils d’administration ou comités de toutes sortes, activités qui s’organisent un peu partout. Quand on met ces éléments un à côté de l’autre, ça fait penser à une courtepointe. Chaque rencontre, chaque organisation, chaque activité a sa propre couleur, au sens figuré évidemment.

Il y a ceux qui sont spécialisés: les gens de l’économie, de la culture, du patrimoine,  de la santé, du juridique, de la politique, de l’immigration, de l’éducation, des jeunes, des femmes, des aînés, de la presse écrite, de la radio communautaire, etc; il y a les généralistes comme les conseils régionaux qui touchent un peu à tout ; il y a aussi l’Assemblée communautaire fransaskoise qui est, par la gouvernance qu’elle représente, dans une case un peu à part, étant à la fois une bête politique et une bête généraliste. 

Les morceaux d’une courtepointe tiennent par un fil qui est adroitement enfilé, c’est le cas de le dire, par des artisans, surtout des femmes à l’époque, et qui permet de faire tenir les carreaux entre eux. Selon l’imagination de la créatrice ou du créateur, les pièces seront disposées de multiples façons donnant chaque fois une œuvre originale.

Chaque année, notre courtepointe communautaire prend une forme différente au gré des projets et des programmations des organismes. Ceux qui la tissent sont les intervenants du réseau, que ce soit comme employé.e.s, élu.e.s, bénévoles, participant.e.s (on dira parfois client.e.s). Des années, les carreaux sont plus grands ou plus petits, plus ou moins colorés, ont des motifs plus ou moins voyants. 

Ce qu’on appelle le développement communautaire, c’est un peu le fil qui relie nos carreaux. Pour qu’il fonctionne, il faut différents types de carreaux et quand il en manque un, la courtepointe reste non terminée. Une fois complétée, cette grande courtepointe donne à la communauté son sentiment de fierté, d’épanouissement, de complétude.

Aujourd’hui, il y a toutes sortes de carreaux dans cette courtepointe: il y a nos communautés rurales, nos communautés urbaines, nos communautés émergentes, les Fransaskois de naissance, ceux de longue date, venus des autres provinces ou d’ailleurs sur la planète, de souches religieuses différentes, des gens de tous âges qui ont une multitude de goûts. La table à dessin qui soutient tout ces carreaux s’appelle le Plan de développement global. Je nous souhaite donc pour cette année la construction de la plus belle courtepointe communautaire fransaskoise qui soit !

 

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