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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Forum en Santé 2014

La santé des communautés et les communautés au service de la santé

Auteur: Alexandra Drame (EV)/29 mai 2014/Catégories: RSFS - Réseau santé en français en Saskatchewan, Société, Santé, 2014

Le Dr Ryan Meili

Le Dr Ryan Meili

Photo : Alexandra Drame

« La Santé : l’affaire de tout le monde », c’était la devise du Forum en Santé organisé par le Réseau Santé en Français de la Saskatchewan. Et cette formule a trouvé écho parmi le public, qui s’est réuni en nombre pour venir discuter de la santé personnelle, mais aussi de la santé des communautés.


Près de 70 personnes ont assisté à la soirée de reconnaissance qui ouvrait l’évènement le vendredi 23 mai. À cette occasion, Mme Linda Martin a été honorée pour sa contribution à l’amélioration de l’accès aux services de santé en français. Le beau travail de la Fédération Provinciale des Femmes (FPF) dans ce sens a également été récompensé. Des représentants de l’ACF et d’autres organismes communautaires, ainsi que Mr Donald Atchison, le maire de Saskatoon, ont assisté au vin et fromage organisé au Relais.


Le lendemain, ce sont plus de 80 personnes qui se sont retrouvées pour des ateliers participatifs sur le thème de la santé, sous toutes ses formes et pour tous les âges : santé des aînés avec le modèle de Communauté en santé de Debden ou de la Fédération des aînés fransaskois (FAF), santé des petits et de la famille avec les Centres d’Appui à la famille et à l’enfance, et les présentations de pédiatres et médecins dans des cliniques communautaires, ou encore la santé des nouveaux arrivants. 


Un panel de chercheurs, de professionnels de la formation et de la santé et de nouveaux arrivants s’est aussi questionné sur les mesures à adopter pour améliorer l’accès aux services de santé en français. Des interventions sur les initiatives mises en place au Manitoba, sur l’Île-du-Prince-Edouard ou au Nouveau-Brunswick ont donné des pistes de travail pour notre province.


Si les réalités sont différentes d’une province à l’autre, elles le sont aussi d’une communauté à l’autre : Mme Pauline Tétreault a relaté comment la communauté rurale de Debden a réussi à impliquer de nombreux membres, chacun à sa façon, sur les questions de santé : la venue d’un docteur une demi-journée par semaine, le centre de l’âge d’or, le comité de santé, la paroisse, les groupes de marche, et même la bibliothèque où l’on peut trouver des ressources sont plusieurs maillons de cette communauté en santé. 


À Saskatoon, pourtant loin d’être un milieu rural, on trouve une grande fracture Est-Ouest avec des services inégalement répartis et certains quartiers où les services de santé sont inaccessibles. La question des difficultés de transport que rencontrent certains nouveaux arrivants pour se rendre avec leur famille – parfois nombreuse – dans les centres de santé ou dans les centres communautaires a été soulevée. 


Le Docteur Ryan Meili, fort de plusieurs années d’expérience dans les régions rurales et défavorisées de la Saskatchewan, mais aussi du Brésil, du Mozambique ou de l’Inde a fait une conférence sur la responsabilité sociale intitulée « Comment raviver la démocratie en mettant l’accent sur la santé? ». Il a ainsi mis en avant l’importance de ne pas combattre seulement les symptômes cliniques, mais d’essayer de combattre les facteurs sociaux en amont qui peuvent mener à certaines maladies : le revenu, l’éducation, le chômage ou l’exclusion sociale sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à la dégradation de la santé. Selon lui, en investissant dans la lutte contre les inégalités sociales, le gouvernement pourrait économiser sur certains coûts de santé publique. « Il ne faut pas juste s’adresser aux symptômes, il faut prendre le problème à la racine. Il faut travailler avec le cœur, pas seulement avec la tête. Le médecin n’est pas là que pour prescrire des médicaments, il est aussi là pour chercher les causes à une plus grande échelle pour mieux les combattre. »


« Il y a dix ans, la prévention se limitait à dire qu’il faut faire de l’exercice, bien manger, et qu’il ne faut pas fumer. Maintenant les conseils de prévention ont évolué, mais ce ne sont pas seulement les initiatives individuelles qui devraient être encouragées, des initiatives politiques pourraient aider aussi, » poursuit-il. 


Des initiatives locales et pancanadiennes, comme le projet Healthy Start du Réseau Santé en Français de la Saskatchewan (RSFS), qui contribue à la saine alimentation des bambins de moins de 5 ans dans leur milieu de garde, démontrent en tout cas la volonté de donner tous les outils pour que les générations futures puissent vivre de longs jours heureux et en santé. Devant l’incertitude sur les retraites, la qualité de vie, l’accès aux soins ou la perte d’autonomie des aînés à un âge avancé, il vaut mieux en effet mettre toutes les cartes dans son jeu pour repousser la maladie le plus longtemps possible. C’est tout ce qu’on souhaite à nos bambins d’aujourd’hui, les futurs aînés d’après-demain!

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