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S'exprimer autrement
Cette chronique, en collaboration avec La Cité universitaire francophone,  offre des textes dont les auteurs ont en commun d’avoir choisi le français comme langue seconde.


 

Cette semaine, partons à la rencontre de Chantal Beaudoin, orthophoniste à Moose Jaw

Auteur: Alexandra Drame (EV)/10 avril 2014/Catégories: Mon métier, ma passion

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Photo : courtoisie Chantal Beaudoin
Ce que j’adore avec cette chronique c’est qu’elle me permet d’apprendre plein de choses sur plein de métiers parfois peu connus (j’espère qu’à vous aussi!) Le saviez-vous? Les professionnels en charge des troubles de la communication sont appelés orthophonistes en France et au Canada (en latin, ortho : « correct », phonè : « voix ») mais logopède ou logopédiste en Belgique et en Suisse (logos : « parole », paideia : « éducation »). L’orthophonie est née de la nécessité de prendre en charge les enfants opérés de « becs-de-lièvre ». Puis son domaine d’application s’est élargi jusqu’à englober les troubles de l’articulation et de la parole, de la voix, du langage oral et écrit, et ceux de la communication. 

Chantal Beaudoin a découvert cette spécialité vers la fin du secondaire. Intéressée par l’enseignement, les langues, la psychologie et la médecine, l’orthophonie lui est apparue comme un beau mariage de ses centres d’intérêts.  C’est d’ailleurs un orienteur scolaire, dont l’enfant avait eu recours aux services d’une orthophoniste, qui lui a ouvert les yeux sur ce métier. C’est comme cela qu’elle s’est dirigée vers un baccalauréat en psychologie et linguistique avant de compléter sa maîtrise en orthophonie.

Cela fait près de vingt ans qu’elle a commencé sa carrière “Je pratique mon métier depuis 1995.  Mon premier emploi a été en communauté en Ontario.  Ma première voiture, usagée, m’a servie de bureau. J’ai appris à me débrouiller assez rapidement! J’ai eu le très grand privilège d’avoir d’excellents mentors, dont l’orthophoniste en congé de maternité que je remplaçais. Son soutien m’a été indispensable et incroyablement bénéfique. Souvent, le fait d’être itinérant peut être très intimidant et très taxant. J’ai travaillé en milieu hospitalier et en milieu scolaire aussi. J’ai toujours privilégié de travailler avec une population pédiatrique.” 

 

Conciliation travail - famille

Depuis son installation à Moose Jaw, Chantal allie avec plaisir sa vie familiale, professionnelle et son engagement communautaire. Elle fait, par exemple, régulièrement du bénévolat à l’école Ducharme, sur le Conseil d’École au sein duquel elle siège et lorsque ses enfants y étaient, elle siégeait au Comité Exécutif du Centre Éducatif Pomme d’api. 

Avoir son propre cabinet lui permet le grand privilège de pouvoir fixer ses heures de travail autour de sa vie familiale et de travailler à partir de chez elle. Créer sa propre entreprise, est-ce que cela a été difficile? « C’est sûr qu’au tout début, il y a un grand investissement à faire au niveau de l’achat de matériel d’évaluation et d’intervention.  Comme j’avais travaillé, en début de carrière, dans un cabinet privé très bien établi dans la région d’Ottawa, j’avais une assez bonne idée de ce que cela impliquait avant de m’y aventurer. »


Chaque jour est différent!

Même si parfois le métier est difficile, voir des patients aux profils très divers est très motivant. « C’est intéressant comme métier dans le sens où l’environnement et la population avec laquelle on travaille changent radicalement l’allure de notre travail. Imaginez la différence entre pratiquer l’orthophonie en soins aigus, avec une population adulte ayant des troubles de déglutition et travailler en cabinet privé et offrir des services consultatifs en garderie. Ou encore, de travailler avec des enseignants qui ont des nodules sur les cordes vocales ou bien encore de travailler dans un centre spécialisé avec une population autiste.  Dans bien des cas, surtout dans les plus petites communautés, on pratique le tout à la fois! C’est un métier tellement vaste. On peut se réinventer complètement de façon aussi régulière qu’on le souhaite! »

 

Exemple de troubles de la communication traités par l’orthophonie

• Les troubles du langage oral chez l’enfant, les retards de langage et de parole

• Les troubles du langage écrit, tels que la dyslexie ou la dysorthographie

• Les troubles logico-mathématiques comme la dyscalculie

• Les troubles liés à la surdité (démutisation des enfants sourds, éducation à la lecture sur les lèvres, optimisation des aides que sont les prothèses auditives)

• Les troubles liés aux maladies génétiques causant des atteintes mentales (ex : trisomie 21, autisme)

• Le bégaiement

• Les troubles causés par les séquelles traumatiques ou chirurgicales dans la région de la bouche ou les dents

• Les troubles de langage, de parole et de déglutition causés par une dégénérescence des structures cérébrales (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, sclérose en plaques...)

 

Pour plus d’informations vous pouvez contacter Chantal Beaudoin à thespeechpath@sasktel.net

 
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